Archives mensuelles : janvier 2020

Les vieux face aux innovations

Les vieux* face aux innovations

Les pays vieux sont-ils capables de s’adapter aux innovations qui vont jaillir dans le monde » une interrogation de Alfred Sauvy dans un entretien en 1974, alors que deux phénomènes dominent la transformation des populations : d’une part une combinaison de forte fécondité et de mortalité déclinante dans les pays pauvres, d’autre part une fécondité et une mortalité faibles dans les pays riches. Une structure « jeune » serait un facteur de progrès et de dynamique !

Cependant, l’hygiène et la médecine n’ont pas cessé de freiner le vieillissement individuel, de sorte qu’il n’est pas si sûr qu’une population à structure plus  » âgée  » s’adapte moins vite qu’une population à forte proportion de « jeunes « .

Les stéréotypes ne laissent pas de place aux retraités bien portants. Les concepts de vulnérabilité, de dépendance, de sénilité et de déprise caractérisent aujourd’hui les retraités, alors que l’âge moyen d’entrée dans la grande dépendance, se situe autour de 83 ans, selon la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA).

« Tout vieillissement est à situer dans un contexte socio-économique, culturel, familial, individuel et collectif, à comprendre par rapport à l’histoire d’un sujet sans cesse en développement. » (Nicole Rascle et Jean Bouisson 2011).

Nous sommes plus de 16 millions de retraités en France aujourd’hui, 15 000 centenaires, 9 sur 10 sont des femmes, un sur deux vit à son domicile, ils pourraient être 200 000 en 2060… une majorité, probable, en santé suffisante pour demeurer autonome, en capacité d’exprimer leurs choix de modes et conditions et environnements de vie.

Il est nécessaire d’axer le discours sur le vieillissement vers d’autres thèmes que la dépendance, la maladie ou la vulnérabilité.

Nous les plus qu’octogénaires d’aujourd’hui, première génération à avoir plus de vingt années d’expérience de vie en retraite et long vieillissement, devons nous mobiliser pour montrer à nos cadets que l’un des dangers de cette société est dans la non anticipation de ce long temps de vieillissement, ce dernier tiers de vie, 30 ans / 90 ans et demain sans doute 35 ans / 105 ans et plus.

Nous devons construire avec eux une vision pérenne et saine de leur retraite dans un projet de vie pensé, choisi, appris, compris et entrepris en se donnant les capacités de partager un apprentissage tout au long de la vie entre quatre, cinq générations.

Nous nous trouvons aujourd’hui à un tournant, avec les premières générations de retraités habituées et intéressées par les technologies numériques. En 2020, plus de 50% des salariés utilisent le digital depuis leur naissance, en 2030, ils seront 75%. C’est aujourd’hui un moyen indispensable de communication, avec un danger : 43% ne disposent pas d’une connexion internet à leur domicile, et 40% seulement sont équipés d’un smartphone. Très loin des standards du reste de la population, suréquipée et ultra-connectée, une cause d’isolement qu’il faut prendre en compte pour ne pas ajouter aux différences humaines, sociales et économiques regrettables et négatives.

Ces nouveaux « vieux » tendent à bouleverser les modèles sociaux admis jusqu’à maintenant.

Selon Amandine Brugière et Carole Rivière, dans Vieillir grâce au numérique « l’appropriation des nouvelles technologies par la famille est déterminante dans l’apprentissage de ces dernières par le senior. Plus la famille y a recours, et plus le retraité aura d’occasion d’apprendre :  l’imitation augmente la confiance en soi et change la perception de la complexité en levant les inhibitions d’apprentissage ».

Pour conserver et développer les relations entre les générations, il est nécessaire et indispensable que chacune participe avec intérêt, soit encouragé à apprendre pour comprendre les applications qui vont changer les modes et conditions de vie en société.

Dans le cadre du « bien-vieillir », l’intelligence artificielle se développe sous forme de robots, d’assistance virtuelle, d’objets connectés, d’appareils d’apprentissage… Si au début, on avait cru que l’approche de ces technologies serait difficile auprès des personnes âgées, la réalité est autrement. Les seniors adoptent l’intelligence artificielle de façon positive et sont curieux quant à leur utilisation dans la vie au quotidien.

Apprendre tout au long de la vie n’a jamais été aussi essentiel, important, indispensable, afin de demeurer un citoyen responsable. Personnellement je suis un inconditionnel des Formations Universitaires Numériques (FUN). Gratuites et ouvertes à tous… mon denier cours commencé : « L’intelligence artificielle pour tous » un bonheur qui m’aide à comprendre une part des changements qui vont bouleverser ma vie… mais dont j’aurai conscience. Ne pas comprendre est le pire pas vers l’esclavage intellectuel.

J’ai créé ce blog bienvieillirlongtemps.fr pour échanger avec vous.

Vos remarques suggestions, critiques nourriront mon travail de « retraité professionnel » merci.

Pierre

* mais à quel âge l’est-on ? Avant 50 ans pour certains, après 90 ans pour d’autres !

Bonheur au travail

Si vous avez un moment écoutez France Culture « La grande table » de mercredi 8 janvier 2020,

si non, lisez ce que j’ai essayé d’en extraire, pour vous dire mes types de préoccupations à propos du bonheur au travail… durant la carrière, et en situation de retraite, dans le même temps possible, probable ! ! !

Tout au long de mes 40 années de carrière, j’ai suivi des formations sur les relations humaines, sociales, économiques, en milieu professionnel, pour améliorer ma situation professionnelle et les revenus pour ma famille… pour faire rapide.

Libéré en 1997, je prends trois années pour un nouvel apprentissage afin d’aborder dans les meilleures conditions possible les trois ou quatre décennies en appliquant mes savoirs et expériences .

Je commence par un constat : si les conditions et environnements ont changé dans le monde du travail, il me semble que nous étions heureux dans notre atelier en 1957, et tout au long de ma carrière, j’ai un doute sur un bonheur au travail apprécié par le plus grand nombre aujourd’hui quand je sais les situations à France Télécom, les banques, la sidérurgie, PSA… et les mauvaises « ambiances » chez les professionnels de santé, de l’éducation et de l’enseignement…

Les professeurs, savants conférenciers, dynamiques formateurs … m’ont-ils induit en erreur ?

Pourquoi alors continuer à entendre ceux d’aujourd’hui « conseillers » en management – nous parlions de « Direction d’entreprise » de mon temps – et Chief Happiness Officers, « officiers en chef du bonheur » (je suis limité au français) ?

Sont-ce des méthodes revues, des mots nouveaux qui vont changer les résultats des enseignements pour vivre le bonheur au travail dans les décennies prochaines ?

C’est sur ce « thème » que je mène une part de mon travail de recherches en réflexion et action pour partager un monde qui ne soit pas seulement entraîné dans les progrès par les techniques, les sciences, les emballements des applications numériques, les technologies révolutionnaires ou disruptives, les limites toujours repoussées d’un monde d’abondance et de « béatitudes » pour toutes et tous sur notre planète.

Je suis un peu long, chaque jour plus passionné… et heureux de partager dans une vie équilibrée et harmonieuse, mes temps avec ma famille, mes amis, mes loisirs, mes repos… et mes engagements de retraité professionnel dans un travail choisi appris, entrepris avec bonheur… une véritable jouvence contre un vieillissement trop rapide.

Pierre Caro, retraité professionnel.

A propos du management moderne, lire :
CHAPOULOT, Johann, Libre d’obéir Le management du nazisme à la RFA  Galimard essai, 2020.
https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/du-crime-nazi-au-management-moderne-une-histoire-commune