Archives mensuelles : mai 2021

La retraite de mes arrière petits-enfants : 2080-2130 !

« C’est fou de penser aussi loin » je suis d’accord, mais les conditions de leur retraite sont fonction de leurs éducation et formation dans les années prochaines, qui détermineront en partie les éléments de leur carrière 2030-2080, qui conditionnera leur état de santé et le montant de leur pension durant leur retraite 2080-2130, dont dépendront leur envie, leurs projets, leur bonheur de vivre bien et le plus longtemps possible … à condition que les politiques, en France, en Europe, dans le monde, soient conduites en suivant, par exemple, l’agenda 2030 des 17 Objectifs de Développement Durable qui sont censés couvrir l’intégralité des enjeux de développement dans tous les pays, tels que le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau, la pauvreté, l’égalité des genres, la prospérité économique ou encore la paix, l’agriculture, l’éducation, etc.

Mes parents m’ont appris que le travail était une nécessité, une utilité non seulement pour gagner ma vie, mais pour développer tout au long de celle-ci, des savoir-être, savoir-faire et savoir partager les richesses des différences avec les autres, me socialiser… pour devenir un homme responsable dans une conduite de vie à transmettre à mes enfants et leurs enfants… ils ignoraient que je pourrais être le patriarche de cinq générations… eux ne connaissaient que leurs parents, peu d’années, et leurs enfants.

Les sciences et les technologies ont fait un monde nouveau où le travail pénible doit être effectué par des machines, ou les avions nous transportent à l’autre bout de la terre, où rien ne manque pour nos besoins indispensables et superflus… sauf que, comme dans toute médaille il y a un revers : les moyens d’information et communication, les outils numériques… influencent les choix de modes, conditions et environnements de vie… parfois sans notre consentement conscient ! Et peut-être ce sera encore plus compliqué pour les générations plus jeunes si aujourd’hui nous n’y réfléchissons pas.

Aussi, grand et arrière-grand-père, je dois montrer à mes petits et arrière-petits-enfants que, retraité bénévole, je demeure toujours responsable dans mes engagements et donc je dois garder, voire développer en permanence, ma déontologie de professionnel… être connu et reconnu comme tel dans une société de plus en plus complexe, dans ma volonté d’apprendre pour comprendre et entreprendre … face aux irrémédiables changements de la vie. Demeurer présent le plus longtemps possible, autonome et prêt à échanger avec eux, en réciprocité, pour notre enrichissement commun.

Je dois leur montrer l’espoir que je mets en eux, en la société … pour après demain.

Vos remarques, suggestions, critiques … nourrissent mon travail Merci.
Pierre

retraité professionnel

Anticipation, résilience et bon sens

Dans les trois années d’apprentissage à l’Université pour construire cette nouvelle carrière de retraité, il m’est apparu que si vieillir est un état normal, la non-anticipation de ce possible long temps de vieillissement pouvait être la cause de bien des désagréments. Dans les mêmes temps, m’est revenue en mémoire l’une des leçons de technologie au lycée : la résilience est la capacité à absorber un choc par déformation momentanée, sans conséquence visible. Et j’essaie que le bon sens, appris de mes parents, me soit un guide, simple, et efficace.

J’entreprends la seconde mi-temps, 2021-2040, de ma carrière de retraité. Mes apprentissages dans les partages d’échanges de savoirs, d’expériences, mes réussites comme mes erreurs, n’ont fait que confirmer combien se préparer à bien vieillir longtemps nécessite anticipation, résilience et bon sens.

L’anticipation, un exemple. En prenant en compte que nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés, l’ONU annonce 11 milliards en 2100, l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) 8 milliards, sensiblement la population actuelle, par baisse de la fécondité des femmes. Le Japon, l’Espagne, l’Italie, le Portugal pourraient perdre la moitié de leur population. La France pourrait compter le même nombre qu’aujourd’hui 67 millions d’habitants. L’Afrique Sub-saharienne pourrait tripler sa population, le Nigeria avec 790 millions d’habitants deviendrait le deuxième pays le plus peuplé du monde, derrière l’Inde et devant la Chine. Un monde complètement nouveau avec un nombre de personnes en âge de travailler moins important, et celui des plus de 80 ans être six fois supérieur à celui d’aujourd’hui, 140 à 870 millions (chiffres arrondis). Ce ne peut pas être sans conséquences sur les services de santé et sociaux, sur l’économie, les productions, l’organisation des familles, des communautés, des environnements … Comment ne pas y penser aujourd’hui et quelles priorités donner : la santé, les ressources, l’éducation et formation, les sols, les transports, l’eau, l’air, les communications, les migrations, les modes et les conditions de vie… ??? On parle facilement de transition écologique, climatique, mais le vieillissement des populations pourrait avoir davantage de conséquences perturbatrices sur l’ensemble des sociétés.

La résilience

Nous, les aînés, avons un potentiel d’expériences, réussies ou loupées, des richesses de savoirs et connaissances, nous nous sommes plus ou moins déformés sous les épreuves, nous avons résisté, nous nous sommes opposés, avons contribué, accepté, nous nous sommes remis en cause volontairement, avec confiance et espérance, comme l’ont fait les générations précédentes pour préparer une vie meilleure aux générations prochaines. Nous avons un devoir d’aînés à montrer.

Le bon sens

Les conflits, proches et lointains sont des désastres humains, nos modes et conditions de vie peuvent contribuer aux développements des perturbations climatiques, des dégâts écologiques avec toutes leurs conséquences. Nous avons résisté sans opposer de résistance, accepter d’évoluer sans détruire, développer nos relations pour nous comprendre sans obligation d’être en accord, mais en respectant les autres. Nous assumons nos responsabilités, nous sommes conscients de la nécessité de construire nos vies ensemble, sans quoi nous disparaîtrons ensemble.

Les expériences vécues, comprises et retenues sont cette force intérieure qui nous permet, le plus souvent et suivant nos moyens, d’anticiper les catastrophes, d’en accepter l’inéluctabilité et, malgré tout, d’aller de l’avant.

Le bon sens voudrait que, tous, nous participions ; la résilience c’est l’armure pour réussir en dépit des adversités ; comme aux jeux, donnons-nous les outils pour un coup d’avance.

« Le passé du présent, c’est la mémoire ; le présent du présent, c’est l’action ; le futur du présent, c’est l’imagination. » Saint-Augustin

Vos remarques, suggestions, critiques … nourrissent mon travail de retraité professionnel Merci

Pierre

Les Cafés philo et les ateliers d’ExpressionS*

Dans notre monde en évolutions de plus en plus rapides et perturbantes, personne ne peut demeurer indifférent, et l’ambition de chaque citoyen.e doit être de chercher à apprendre pour comprendre et entreprendre, au moins sa vie, dans les meilleures conditions de responsabilités, de liberté, de dignité, d’équité et de solidarité.

Notre richesse commune est dans la tolérance de nos différences, de nos diversités de penser et d’agir pour nous-mêmes, pour et avec les autres, dans nos environnements de vie choisis ou imposés.

Sans nous exprimer, nous laissons péricliter les bénéfices des savoirs et expériences que nous possédons toutes et tous, quels que soient notre âge, notre situation personnelle, professionnelle, sociale, économique, culturelle … .

De tout temps des savants, des philosophes, des maîtres à penser, d’autres, ont développés des intuitions, des idées générales parfois géniales, autant que particulières ou spécifiques, aussi difficiles à contester qu’à valider, aboutissant à une multitude de savoirs, de données, de théories et d’études difficiles qui mettent le citoyen.e, parfois, dans l’incapacité de choisir face au surplus d’informations, à la rapidité des communications, à la complexité des situations, dans toutes les composantes de la société, du territoire au monde.

Philosopher serait développer « l’amour de la sagesse », les questionnements, clarifier ses pensées, les connaissances à propos de l’existence de l’homme, c’est ce que je pense avoir compris, mais… je ne demande qu’à apprendre.

Dans un atelier d’ExpressionS, nous partons d’une idée, d’un fait, d’une situation personnelle, réelle, vécue que nous voulons échanger, parfois avec quelques difficultés, imperfections, ignorances, pudeur même, pour que la réciprocité nourrice notre compréhension afin d’approcher une ou quelques propositions qui pourront aller vers le mieux, ou le moins mauvais pour soi, pour une communauté de destin. Nous nous nourrissons de nos vécus.

Pour mener à bien mon idée de faire de mon temps de retraite une seconde carrière, j’ai développé les échanges réciproques de mes savoirs, expériences, ignorances, réussites comme échecs (ils sont souvent les meilleurs enseignements) envies, passions, espoirs… Je ne suis pas certain que des études de philosophie m’auraient amené au bonheur d’avoir, à ce jour, vécu cette première mi-temps de retraite 1997-2020, en tentant de susciter un mouvement citoyen visant à mettre en valeur les rapports entre quatre, cinq générations ; à changer les regards sur la société, sur le monde du travail qui demeure, même et surtout pour les retraités, un lien social et de formation permanente ; sur les différences humaines, sociales, politiques, économiques… dans le métissage des populations, de leurs cultures, pour la construction de la paix, le bien vieillir longtemps, car si cette volonté n’existait pas, je serais sans espoir d’une vie meilleure pour mes enfants, petits et arrière-petits-enfants, pour les plus jeunes générations. Que je sois considéré, ou non, comme aîné, senior, vieux, ancien … m’importe aucunement, je souhaite que ma famille, mes amis, soient heureux que nous vivions ensemble. « Ainsi va le monde » comme l’écrit mon ami Didier Martz philosophe. « Ainsi va le monde ici-bas. Le temps emporte sur son aile et le printemps et l’hirondelle, et la vie et les jours » a écrit Alfred de Musset

Vos critiques, remarques, suggestions, conseils … nourriront mon travail de retraité professionnel Merci.

Je demeure à votre disposition.

Pierre

* le E et le S volontairement