Archives de catégorie : Apprentissage

De l’École à la Formation* tout au long de la vie !

Dans « Une école qui peut mieux faire » Monique Canto Sperber** écrit : «…  L’autonomie scolaire peut être une solution pour renouveler l’école française. L’enjeu est de taille : recréer un système éducatif qui favorise la croissance, renforce la cohésion sociale et crée aussi l’espoir en l’avenir ».

Mon travail de réflexions et actions sur les conséquences d’un long temps de vieillissement dans le monde, depuis 1997, confirmé par ma situation actuelle d’octogénaire, m’ont appris, entre autres connaissances, que pour bien vieillir longtemps il fallait prendre soin et conserver une bonne santé, avoir une capacité d’autonomie responsable pour un projet de vie qui anticipe, au mieux, les risques possibles «  Le risque est devenu la mesure de notre action, il est une transformation de la modernité » selon Ulrich Beck (1944-2015)

L’École a été importante en décidant d’une part de mes apprentissages futurs, ceux de ma formation professionnelle et, tout au long de ma carrière, dans une formation continue. Elle est depuis mon entrée en situation de retraite, formation permanente pour demeurer, le plus longtemps possible en mesure d’assumer mes engagements de citoyen âgé responsable, en continuant d’apprendre par les échanges de savoirs et d’expériences de chaque jour.

J’ai pris conscience combien transmettre est la possibilité de partager. Il ne s’agit plus de savoir, mais de capacité à « mettre en jeu » mes acquis afin de les enrichir par les partages avec toutes les différences qui sont nos richesses communes, celles qui font société.

Celles d’une société mondiale ouverte où chaque citoyen doit pouvoir entrer sur la scène publique avec le droit au respect dans le dialogue, dans la réalisation de son projet de vie aujourd’hui entre quatre, cinq générations dans le métissage des populations et de leurs cultures.

Je vous ai fait part de mon projet d’ouverture d’une « Chaire citoyenne  » Il ne s’agit plus des seuls savoirs universitaires indispensables, mais d’acquérir l’esprit critique afin de demeurer en capacité d’apprendre pour comprendre et entreprendre les politiques – manières de gouverner – de nos sociétés dans ce XXIe siècle où nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés, au moins pour les décennies prochaines.

Ce temps où j’ai le devoir de comprendre les évolutions climatiques actuelles sur une terre dont les surfaces habitables, diminuent, où les ressources naturelles s’épuisent chaque année plus tôt, le 28 juillet pour 2022. Une société où le mal de vivre de nombreux humains augmente à mesure que les progrès se développent. C’est ma génération qui a créé, en partie, cet état général mondial. Je me sens responsable d’entreprendre auprès des générations plus jeunes de partager ce que nous avons réussi afin qu’ils les développent, et nos échecs afin qu’ils ne les reproduisent pas.

Le territoire est la base des projets à taille humaine qui doivent être menés par et pour toutes les populations.

J’ai beaucoup de choses à apprendre pour continuer à comprendre, et assumer correctement mes engagements de citoyen âgé responsable. Voulez-vous partager avec moi, retraité professionnel, au moins les quinze prochaines années de ma seconde carrière 2000-2040 ? Voulez-vous faire de votre long temps de retraite et vieillissement un projet pour « recréer un système éducatif et de formation permanente, qui favorise la croissance, renforce la cohésion sociale et crée aussi l’espoir en l’avenir » ?

Je demeure à votre disposition

Pierre Caro

retraité professionnel, retraite et long vieillissement.

* les majuscules sont volontaires pour marquer l’intérêt que je porte

** Une école qui peut mieux faire. L’autonomie pour un meilleur système éducatif, Albin Michel, 2022.
Monique Canto Sperber, philosophe, directrice recherche CNRS, ancienne directrice ENS…

Bien vieillir longtemps… un apprentissage indispensable.

France Culture. Émission écoutée le samedi 6 août 2022. Regards croisés entre deux femmes alerteurs : Claire Nouvian et Marie Amiguet*… « Des vies engagées, traversées de doutes, de rires, de pleurs, de victoires et de désespoirs, mais toujours parsemées de beautés qui permettent de se relever et d’avancer » extrait de la présentation.

Mes dix arrière-petits-enfants auront mon âge à la fin du siècle… c’est demain tant je vis les jours, semaines, mois et années actuellement.

Pourquoi j’ai compris très tôt que demain devait se préparer… hier, voire avant-hier, je ne peux l’expliquer.

Demain, quelques années avant l’an 2000, c’était ce dernier tiers de vie que je pouvais espérer, de 60 à 90 ans dans ce XXIe siècle. J’avais, en prévention, protégé ma bonne santé, mon autonomie, mes engagements responsables de citoyens, durant ces soixante premières années, par mes choix de modes, conditions et environnements de vie.

J’allais devoir entreprendre de continuer ma vie dans une société mondiale où nous serions toujours plus nombreux et plus âgés, entre et avec quatre, cinq générations, dont deux, voire trois, en situation de retraite et long vieillissement.

Depuis les années 1960, j’avais appris que les développements des sciences et des technologies par les outils informatiques allaient bouleverser nos conditions de vie. De la santé au monde du travail, des changements climatiques aux migrations, de la montée des eaux des mers et océans au besoin d’eau potable… autant d’évolutions dont dépendront, en partie, les conditions de retraite et de long vieillissement des jeunes générations.

Je savais, depuis qu’en 1971, à Stockholm, 30 scientifiques de haut niveau provenant de 14 pays avaient exprimé un risque de « changement global climatique rapide et grave causé par les humains », qui aura des conséquences mondiales sur les environnements et les populations. Le terme « effet de serre » était apparu.

En 1978 nous apprenions la première opération du chirurgien « Arthobot », suivi de nombreux progrès pour réparer la vie.

Je pourrai continuer…

Aujourd’hui, après vingt années de retraite, mon approche d’après demain c’est l’horizon du demi-siècle. Si je n’y arrive pas, au moins j’aurai nourri mes envies réalisées ou pas, mes projets réussis, loupés ou abandonnés… mais qui auront participé à mes « apprentissages » de relations à moi-même et aux autres, pour un enrichissement personnel et collectif par les échanges de savoirs et d’expériences, de nos différences qui sont nos richesses.

Si je souhaite mes meilleurs vœux à ma famille et mes proches en 2050… je serai heureux et fier de montrer une vie satisfaisante pour moi. J’espère un chemin possible pour mes enfants, petits et arrière, voire arrière-arrière-petits-enfants.

Si ma vie est plus courte, j’aurai été comblé.

J’aime assez « L’essentiel est l’emploi de la vie, non sa durée » Sénèque Artiste, Dramaturge, Homme d’état, Philosophe (-4,-65)

Pierre, retraité professionnel, chercheur autodidacte retraite et long vieillissement.

* Avec Marie Amiguet, auteure, réalisatrice animalière et co-réalisatrice du film « La panthère des neiges », actuellement au cinéma et bientôt en DVD.

Et avec, Claire Nouvian, défenseure des océans et de leurs écosystèmes, fondatrice et présidente de l’association Bloom, réalisatrice de documentaires animaliers et auteure du livre « Abysses » Fayard.

Impossible aujourd’hui de ​“ghoster*” la crise des métiers du Grand âge !

Cela demande une collaboration étroite et infaillible entre : les personnes âgées**, les professionnels***, l’État.

– Les premières doivent apprendre à bien vieillir longtemps en santé, autonomie et engagement dans la société. Elles doivent chercher à limiter au mieux leurs recours aux soins et accompagnements de santé. Nous sommes tout de même une majorité d’âgés dans cette situation actuellement.

– Les seconds doivent trouver des « intérêts personnels et professionnels » par les formations, qui permettront d’envisager les satisfactions et évolutions d’une carrière assurée dans mes meilleures conditions de travail, de responsabilité, et de développement. Une communauté universelle doit se créer entre les chercheurs, les enseignants, les pratiquants qu’elles que soient leurs fonction, hiérarchie, responsabilité, afin de que tous s’enrichissent par leurs partages de réflexions et de pratiques.

– Le troisième à la responsabilité et le devoir de mener une politique de santé responsable, équitable et universelle par la mise en place des informations et formations avant et tout au long de la carrière. La prévention est le meilleur remède pour éviter, autant que cela puisse être, les accidents de la vie. Elle est aussi la condition première afin que des professionnels puissent répondre aux conséquences d’accidents.

Afin d’encourager à l’engagement responsable, il pourrait être étudié :

– à partir d’un engagement respecté de 10 ans : 1 an de retraite acquis ; – 20 ans : 2 ans ; 30 ans : 3 ans ; 40 ans : 5 ans… par exemple.

Bien entendu les salaires et rémunérations dès l’engagement en formation, doivent être incitatifs.

La situation est universelle, une collaboration réelle entre les Etats du monde doit être développée afin de faire face à l’augmentation des populations 8 milliards aujourd’hui ; 8,5 en 2030 ; 9,7 en 2050 ; plus de 10 milliards en 2080. Cette situation mondiale doit être prise en compte avec les diversités des situations régionales. « Plus de la moitié de l’augmentation prévue de la population mondiale jusqu’en 2050 sera concentrée dans huit pays : Égypte, Éthiopie, Inde, Nigéria, Pakistan, Philippines, République démocratique du Congo et Tanzanie » Source ONU juillet 2022. 

Les moyens d’information, de communication, de transport ne permettent plus de limiter à l’Europe, voir à la France, les conséquences de ces situations nouvelles en développement.

Durant ces vingt cinq premières années de retraite, 1997-2022, j’ai partagé réflexions et actions, sur les conséquences d’un long temps de vieillissement. Car si vieillir est une évolution normale, vieillir longtemps est une situation pour laquelle nous n’avons pas d’histoire en référence. Nous n’avons jamais connu une société de quatre, cinq générations, dont deux, voire trois en situation de retraite et long vieillissement. Nous devons anticiper les conséquences de cette situation afin que les jeunes générations ne soient pas victimes de nos manques de politique d’anticipation et de création. Nous savons que le vieillissement concerne toutes les populations à partir de leurs situations actuelles****.

Une crise, considérée comme un moment difficile, souvent due à un manque d’anticipation, doit nous faire réagir le plus rapidement possible, avec les moyens et capacités en notre pouvoir, ou imaginer et créer dans l’urgence. Le risque est de ne pas vouloir en prendre conscience. « Le risque, chez Beck, est une anticipation d’une catastrophe. Le risque est devenu la mesure de notre action, il est une transformation de la modernité » La société du risque Ulrich Beck 2001 pour l’édition française.

En France, aujourd’hui, 16,7 millions de retraités, âge moyen d’entrée en retraite : 62 ans et 6 mois pour les femmes, 61 ans et 11 mois pour les hommes. 29,2 millions d’actifs en 2019 en France.

Vingt-cinq années de retraite que j’ai voulu entreprendre comme une seconde carrière, dans un engagement professionnel bénévole, me font éprouver une gêne de savoir qu’avant retraite j’étais actif, que je ne le suis plus depuis un quart de siècle ! Je me suis souvent livré dans mes ateliers citoyens, à la lecture des annonces nécrologiques par des personnes de plus de 60 ans en général. Mourir avant 90 ans c’est presque trop tôt pour la majorité d’entre elles.

Alors, pourquoi ne pas inviter des volontaires à entreprendre, comme je le fais, une seconde carrière… entre 60 et 80 ans par exemple ? Nous sommes nombreux octogénaires et plus, engagés, en bonne santé et autonomes, participant « activement » à la vie, au moins de nos territoires de vie.

C’est peut être une réponse à prendre en compte, à étudier, pour organiser cette « école de la troisième chance » que j’avais essayé de mettre en discussion, voici près de vingt ans, lorsque j’ai terminé mon temps d’apprentissage à la retraite 1997-2000 ? Proposer un temps d’apprentissage pour entreprendre une seconde carrière en situation de retraite … pour répondre aux problèmes du vieillissement des populations ? De nouvelles « carrières » de retraités doivent se « construire » avec la collaboration des intéressés (ou proches de l’être), afin d’apprendre pour comprendre les enjeux, entreprendre un bénévolat professionnel choisi, compris et créer pour un développement personnel et collectif.

C’est également une part de mes raisons de créer cette « Chaire citoyenne du bien vieillir longtemps » qui doit permettre d’apprendre ensemble pour développer un projet de vie en situation de retraite et de long temps de vieillissement.

Pour répondre, au moins en partie, « à l’impossibilité de ghoster la crise des métiers du Grand Age ? »

Bien à vous,
Pierre Caro retraité professionnel

* Pratiquer le ghosting, ne plus donner signe de vie, disparaître du jour au lendemain, pour éviter la confrontation d’une rupture et ne pas avoir à se justifier.

** malades, handicapées… ayant besoin d’une assistance.

*** quel que soit l’emploi, niveau hiérarchique, le secteur d’activité, le territoire et/ou le pays.

**** A l’échelle mondiale, les plus de 65 ans qui constituent actuellement 9,1 % de la population, devraient en représenter 11,7 % en 2030, 15,9 % en 2050. Et les démographes évaluent leur groupe d’âge à 22,6 % en 2100. Mais qui peut affirmer ce qu’il arrivera d’ici là ? Le Monde. Martine Valo 18 juin 2019

L’eau et la vie*, vieux et société !

Je viens de terminer la lecture de T 10, La revue de la Tribune, juin 2022, qui m’a été offerte par mon amie Ghislaine lors de son séjour à Saint Gildas des Bois : « Pourquoi faut-il sauver l’eau ? »

«Et puis un jour l’eau vint à manquer. On n’avait pas voulu y croire. On avait repoussé le moment où il aurait fallu affronter cette réalité. Enfin… «on»… en tout cas «nous» -car c’est bien du collectif dont il s’agit- savions…»

Premières lignes de l’Edito de Valérie Abrial Directrice éditorial de T 10.

J’ai l’envie de reprendre ces lignes dans le contexte de mon travail sur les conséquences d’un long temps de vieillissement.

«Et puis un jour, «la politique du grand âge» vint à manquer. On n’avait pas voulu y croire. On n’avait repoussé le moment où il aurait fallu penser une population toujours plus nombreuse et plus âgée, où les problèmes de vieillissement s’aggraveraient. Enfin… «on»… en tout cas «nous» -car c’est bien du collectif des boomers actuels dont il s’agit- savions… que nous serions, en 2022, environ 15 millions** de citoyennes et citoyens, nés après la seconde guerre mondiale, une majorité d’entre eux en bonne santé et autonome.

Entreprendre aujourd’hui en regardant les réalités en face : nous vieillissons 20 années de plus que nos parents, que faisons-nous de ce temps ?

Lors de mon entrée en situation de retraite, 1997, j’ai espéré trente, quarante années de vie heureuse entourée de ma famille, de mes amis, dans un projet de vie construit. C’était motivant.

Ces vingt-cinq premières années passées en bonne santé, je les ai entreprises comme une nouvelle carrière professionnelle, et j’envisage les quinze prochaines avec la même confiance et sérénité. Je serai centenaire.

Nous avons les promesses d’une «Loi grand âge» qui ne demande qu’à approuver et reconnaître ces boomers qui servent la société en France et au-delà, en demeurant intégrés, engagés, initiateurs de projets dans les associations et organisations humanitaires, culturelles, sociales, dans les responsabilités sur leur territoire (Mairie, Communauté de communes…), auprès de cette quatrième génération***que sont les parents des boomers !

Toujours plus âgés et plus nombreux, la preuve est apportée : le nombre des plus de 85 ans passera de 4 % aujourd’hui, à 8 % en 2070 ; 1100 centenaires en 1975, 22000 aujourd’hui, il pourrait être de 270 000 en 2070… dont mes enfants.

Anticiper : une nécessité, une obligation.

Quelle politique ? Elle doit se construire sur une société de prévention où la perte d’autonomie n’est pas inéluctable, où l’usage des technologies est adapté aux besoins, où l’isolement est combattu dans une solidarité responsable.

Nous connaissons nos réussites, nous avons conscience de nos erreurs, il nous appartient d’inviter nos enfants, dès aujourd’hui, à construire leur long temps de vieillissement. Ce n’est plus une histoire de famille d’aidants bénévoles, c’est l’ouverture de formations nécessaires et indispensables pour de nouvelles professions, de nouvelles responsabilités, nouvelles relations entre quatre, cinq générations. Construisons, aujourd’hui, la société qui ne gère plus le déclin, mais qui accompagne professionnellement un long temps de vieillissement dans la dignité****.

Derniers vœux pour une société plus âgée : une politique qui connaît, reconnaît, les engagements des aînés dans des activités d’utilité sociale, au-delà du seul bénévolat, la bonne volonté ne suffit. Je l’affirme d’autant plus aisément que c’est la politique que j’ai choisie, dont je suis entièrement satisfait : retraité professionnel, bénévole.

et la politique du bien vieillir longtemps s’est mise en place en place en 2022, nous sommes en 2070, notre société est un exemple pour le monde.

Pierre Caro
retraité professionnel

* j’aurais pu ajouter l’air, la terre, le soleil … indispensables à notre vie.

**des chiffres connus de tous : 20 millions et 24 millions en 2030 et 2050. Les plus de 85 ans, 1,4 million en 2021, 5 millions en 2060. Seuls 8% des plus de 60 ans sont dépendants et 1 personne de plus de 85 ans sur 5 (20%). solidarites-sante.gouv.fr

***ATD Quart Monde, Emmaüs, Handicap International, Médecins sans frontières, Croix Rouge, Secours Populaire, SOS enfants… pour n’en citer que quelques-unes.

****Comme le précise la Drees en préambule de son étude publiée en octobre 2021 : « l’espérance de vie sans incapacité correspond au nombre d’années que peut espérer vivre une personne sans être limitée dans ses activités quotidiennes« .

Me conduire en qualité de retraité professionnel !

« Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes avec la même pensée que nous avons utilisée lorsque nous les avons créés » Albert Einstein

Je ne pouvais, ne voulais pas aider l’autre, savoir ou faire à la place. Je veux, simplement, l’accompagner, l’écouter, aujourd’hui, pour être et faire avec, dans son parcours, en le laissant libre de la route qu’il ou elle choisit en conscience.

Gandhi disait « Tout ce que vous faites pour moi, mais sans moi, vous le faites contre moi »

C’est pourquoi je développe mes engagements comme durant mes quarante années de carrière obligée, en qualité de « professionnel » responsable dans des compétences sans cesse remises en cause – c’est l’apprentissage tout au long de la vie – parce que mes idées, mes projets, mes environnements changent, évoluent, me changent ! Je veux demeurer le professionnel responsable dans une conduite éthique et déontologique, qui fait avec les autres.

Le monde du travail ne me quitte pas. Comment pourrais-je l’ignorer en regardant les jeunes générations dans leurs parfois difficiles vécus de carrière ? Comment l’ignorer en prenant conscience des modes, conditions, environnements, que ces mondes de productions, commercialisations, informations, formations … m’imposent dans mes choix de vie ? Tout simplement, aussi, parce qu’il nourrit ma pension de retraité !

Conscient, avec certaines expériences vécues, je sais que, faute de comprendre, de plus en plus de personnes ne participent plus, s’éloignent, s’isolent … l’isolement des aînés est un problème mondial, il faudrait en chercher les vraies causes avant de mettre en place des plans sociaux qui parfois ajoutent à la misère sociale ! C’est donc l’une de mes premières préoccupations, l’un de mes premiers slogans : « apprendre pour comprendre et entreprendre ».

C’est mon engagement actuel pour l’ouverture d’un « Pôle santé, environnement, société ». J’ai choisi d’y développer des « ateliers d’expressions ». Ateliers de rencontres où, pour faire simple, chacun met au pot commun idées, envies, passions, déceptions, espoirs …, et échanges en réciprocité, savoirs et expériences, réussites comme échecs.

Naturellement, chacun repart avec une réponse … souvent des interrogations, parce qu’il, elle, aura acquis de nouvelles connaissances, parfois seulement découvert le bon sens … et l’envie de s’exprimer davantage en discussion dans une prochaine rencontre. Si j’ai semé quelques graines durant une rencontre, je dois en surveiller la levée, supprimer aussi vite que possible les mauvaises herbes, qui ne se jettent pas, mais servent de compost.

Retraité professionnel, je suis heureux de mener cette seconde carrière 2000 – 2040.

Pierre

retraité professionnel

Apprendre ?

Lors de mon entrée en situation de retraite, j’ai été sollicité pour accompagner des jeunes afin de parler du monde du travail, d’emplois, de professions …. possibles pour une vie de travail nécessaire, indispensable, en principe, pour qu’ils acquièrent leur liberté de choix de modes, conditions et environnements de vie en quittant le giron familial.

J’ai pensé que celui qui avait à apprendre c’était moi qui quittais le monde du travail obligé, pour celui sans obligation de travailler … ce que je n’avais jamais vécu !

J’ai donc entrepris un temps d’apprentissage de trois années. J’ai choisi l’Université Permanente, plus proche de mon domicile, mais d’autres solutions étaient possibles.

Un quart de siècle, eh oui, plus tard, octogénaire, je fais le constat que j’ai appris par quelques livres, cours, entretiens, échanges … mais beaucoup par les rencontres de personnes que j’aurais voulu être !

Des personnes qui m’ont étonné par une pratique, une idée, une passion … si ordinaire en eux sans qu’apparaisse un effort, un impératif, une nécessité de performance.

Je me dis qu’il me faut un nouveau temps d’apprentissage, non pour quitter le giron familial, mais pour revisiter mes habitudes, mes certitudes, mon autorité d’un professionnalisme dont je suis fier depuis de longues années … mais dont je doute que cela soit suffisant pour continuer de construire mon long temps de vieillissement dans une société où les évolutions sont rapides, et de plus en plus difficiles à comprendre pour moi.

Bien vieillir longtemps en nourrissant mes réflexions et actions inspirées par le commun des quidams, jeunes et aînés, qui me donnent les envies, énergies, passions, pour me surpasser.

Il faut vraiment que je reprenne un temps d’apprentissage … en me nourrissant de vos savoirs … c’est peut-être cela vivre l’apprentissage tout au long de la vie ?

Amitiés à toutes et tous

Pierre

Anticipation, résilience et bon sens

Dans les trois années d’apprentissage à l’Université pour construire cette nouvelle carrière de retraité, il m’est apparu que si vieillir est un état normal, la non-anticipation de ce possible long temps de vieillissement pouvait être la cause de bien des désagréments. Dans les mêmes temps, m’est revenue en mémoire l’une des leçons de technologie au lycée : la résilience est la capacité à absorber un choc par déformation momentanée, sans conséquence visible. Et j’essaie que le bon sens, appris de mes parents, me soit un guide, simple, et efficace.

J’entreprends la seconde mi-temps, 2021-2040, de ma carrière de retraité. Mes apprentissages dans les partages d’échanges de savoirs, d’expériences, mes réussites comme mes erreurs, n’ont fait que confirmer combien se préparer à bien vieillir longtemps nécessite anticipation, résilience et bon sens.

L’anticipation, un exemple. En prenant en compte que nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés, l’ONU annonce 11 milliards en 2100, l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) 8 milliards, sensiblement la population actuelle, par baisse de la fécondité des femmes. Le Japon, l’Espagne, l’Italie, le Portugal pourraient perdre la moitié de leur population. La France pourrait compter le même nombre qu’aujourd’hui 67 millions d’habitants. L’Afrique Sub-saharienne pourrait tripler sa population, le Nigeria avec 790 millions d’habitants deviendrait le deuxième pays le plus peuplé du monde, derrière l’Inde et devant la Chine. Un monde complètement nouveau avec un nombre de personnes en âge de travailler moins important, et celui des plus de 80 ans être six fois supérieur à celui d’aujourd’hui, 140 à 870 millions (chiffres arrondis). Ce ne peut pas être sans conséquences sur les services de santé et sociaux, sur l’économie, les productions, l’organisation des familles, des communautés, des environnements … Comment ne pas y penser aujourd’hui et quelles priorités donner : la santé, les ressources, l’éducation et formation, les sols, les transports, l’eau, l’air, les communications, les migrations, les modes et les conditions de vie… ??? On parle facilement de transition écologique, climatique, mais le vieillissement des populations pourrait avoir davantage de conséquences perturbatrices sur l’ensemble des sociétés.

La résilience

Nous, les aînés, avons un potentiel d’expériences, réussies ou loupées, des richesses de savoirs et connaissances, nous nous sommes plus ou moins déformés sous les épreuves, nous avons résisté, nous nous sommes opposés, avons contribué, accepté, nous nous sommes remis en cause volontairement, avec confiance et espérance, comme l’ont fait les générations précédentes pour préparer une vie meilleure aux générations prochaines. Nous avons un devoir d’aînés à montrer.

Le bon sens

Les conflits, proches et lointains sont des désastres humains, nos modes et conditions de vie peuvent contribuer aux développements des perturbations climatiques, des dégâts écologiques avec toutes leurs conséquences. Nous avons résisté sans opposer de résistance, accepter d’évoluer sans détruire, développer nos relations pour nous comprendre sans obligation d’être en accord, mais en respectant les autres. Nous assumons nos responsabilités, nous sommes conscients de la nécessité de construire nos vies ensemble, sans quoi nous disparaîtrons ensemble.

Les expériences vécues, comprises et retenues sont cette force intérieure qui nous permet, le plus souvent et suivant nos moyens, d’anticiper les catastrophes, d’en accepter l’inéluctabilité et, malgré tout, d’aller de l’avant.

Le bon sens voudrait que, tous, nous participions ; la résilience c’est l’armure pour réussir en dépit des adversités ; comme aux jeux, donnons-nous les outils pour un coup d’avance.

« Le passé du présent, c’est la mémoire ; le présent du présent, c’est l’action ; le futur du présent, c’est l’imagination. » Saint-Augustin

Vos remarques, suggestions, critiques … nourrissent mon travail de retraité professionnel Merci

Pierre

Les savoirs émergents… un enseignement obligé face aux évolutions des sociétés

« Voici un live qui interroge avec un regard nouveau des savoirs non encore pensés, non encore labourés, des savoirs qui pourtant animent ou agitent notre vie quotidienne. Certains sont classiques, mais revisités et complétés, d’autres sont totalement nouveaux pour répondre à des questionnements d’aujourd’hui…  » 4e de couverture : Savoirs Émergents. Quels savoirs pour aujourd’hui ?*

Voilà une question que je comptais développer dans mon travail de réflexions et actions sur le long temps de vieillissement en pensant… après-demain, aujourd’hui c’est déjà trop tard.

Une opportunité m’est offerte… j’en profite.
– Premier exemple : Qui pensait que le temps de retraite pourrait être aussi long que celui de la carrière ? Qui pensait que nous pourrions être parmi les 26 000 centenaires en France, aujourd’hui, et nos enfants parmi les 140 000 de demain ? Qui avait pensé que nous serions deux, voire trois générations en situation de retraite dans une même famille ? Je me suis fait moquer lors de mes premières interventions en 2000, aujourd’hui les nouveaux retraités ont leurs parents, de plus en plus leurs grands-parents.

– Deuxième exemple le climat. Que signifie l’Accord de Paris de 2015 sur le climat avec l’objectif d’atteindre la neutralité carbone afin de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C à l’horizon 2050, alors que nous sommes construits à partir d’atomes de carbone, que les plantes s’en nourrissent, qu’il tient une grande place dans l’atmosphère, la biosphère, l’hydrosphère et la lithosphère ? Des savoirs nous manquent pour comprendre… surtout lorsque 2 degrés de plus en Bretagne ne seraient pas un drame.

– Troisième exemple, la démographie. La population mondiale, 2,5 milliards en 1950, 8 milliards en 2020, pourrait être de 10 milliards en 2050. Mais il est probable que nous n’atteindrons pas les 9 milliards, car les femmes, du XXIe siècle, cherchant à gagner des espaces de liberté par le travail, ne font plus que 1,84 enfant en 2020, pour 2,9 en 1950. En Europe 1,55 en 2018, et nous savons qu’il faut 2,1 enfants par femme pour seulement renouveler les populations.

Je pourrais continuer. Il ne s’agit plus de changements de société, mais d’une permanence d’évolutions de plus en plus rapides, de nos territoires au monde. Construire l’équilibre et l’harmonie de vie est une responsabilité des aînés, ceux qui ont vécu des expériences réussies et des erreurs … ces dernières sont des sources d’apprentissage lorsqu’elles sont repérées, comprises comme des enseignements.

Je demeure à votre disposition, vous savez que vos remarques, suggestions, critiques, conseils … nourrissent mon travail, participent à mes apprentissages tout au long de ma vie.
Pierre

retraité professionnel

* André Giordan, Claire Héber-Suffrin, Groupes des Savoirs Émergents. Savoirs émergents : quels savoirs pour aujourd’hui ? Les Éditions Ovadia, Coll. Au-delà des Apparences, 2008

Résister, responsabiliser, anticiper*

En 2000, à la fin de mes trois années d’apprentissage à l’Université Permanente de Nantes pour ma nouvelle carrière de retraité professionnel, j’avais titré mes deux mémoires de DU, santé et droit, identiquement : « Le rôle et la place possibles du retraité dans la société », avec l’idée de ne pas m’abandonner à la facilité : résister ; demeurer père et citoyen responsable : responsabiliser ; et envisager trois ou quatre décennies en capacité et autonomie : anticiper.

J’ignorais que je lirais ces trois valeurs dans la leçon de clôture de Madame Mireille Delmas-Marty* en 2011.

Faire valoir ses droits à retraite ne change rien aux devoirs de citoyen. Seul le temps de travail contraint devient un temps choisi qui peut être mis à disposition de la société, du territoire de vie à celui du monde, afin de demeurer vivant entre et avec trois, quatre générations, et ainsi ne pas s’isoler.

Choisir son ou ses engagements, suivant ses besoins ou nécessités, mettre ses savoirs et expériences au service d’un travail commun de réflexions et actions face aux situations essentielles, primordiales telles les conséquences d’un long temps de vieillissement, les causes et conséquences des changements climatiques, ou encore les grandes tendances technologiques, scientifiques, numériques, les recherches et développements, de défis auxquels nous devons nous préparer… ces problèmes de société qui sont encore, et malgré de nombreux efforts de volontaires, trop souvent à l’état de laxisme… d’irresponsabilité !

Je viens d’écrire quelques lignes précédemment où la pandémie est danger puisque contagieuse, alors que les changements climatiques ne sont qu’évaluation !

Nous devons toutes et tous revoir notre compréhension face à la mondialisation et le droit nous offre une orientation en organisant la société par des valeurs telles que l’égalité, la liberté, la laïcité ; une règle générale différenciée grâce à des catégories juridiques, hiérarchisées et appliquées par des autorités compétentes (mon résumé personnel !) ; sans oublier les valeurs humaines qui créent des liens tels le respect, la considération, l’écoute, la fraternité, la réciprocité…

Résister à la déshumanisation, responsabiliser les acteurs titulaires d’un pouvoir global et anticiper les risques à venir** » (page 23)

« Si la communauté mondiale se construit sur des récits d’anticipation plutôt que sur la mémoire d’un passé commun, le récit-catastrophe démobilise les énergies, comme le récit-programme uniformise les sociétés […] nous avons imaginé une « boussole des possibles » […] une rose des vents, ancrée au sol, permet de repérer les vents de la mondialisation : les vents principaux – comme sécurité, compétition, liberté et coopération ; et les vents « d’entre les vents » comme exclusion, innovation, intégration, conservation. Projetés vers le ciel, la rose terrienne devient ronde aérienne, une sorte de manège ou de grand bazar dans lequel les vents s’affrontent deux à deux : liberté/sécurité, coopération/compétition, etc. […] une spiral des humanismes qui s’élève vers le ciel, offrant un perchoir au « petit souffle innomé » qui représente l’élan vital de chaque citoyen du monde »*** extrait de Post-scriptum, p. 77.

Un petit souffle innomé, « celui des 99% des invisibles, en réciprocité au 1% des élites**** », ce que je m’emploie à changer dans ma seconde carrière de retraité professionnel.

Je demeure à votre disposition, vos remarques, suggestions, critiques… nourriront mon travail, merci
Pierre

retraité professionnel

* Delmas Marty, Mireille, Résister, responsabiliser, anticiper, Seuil, collection Débats, 2013.

** « Une boussole des possibles. Gouvernance mondiale et humanismes juridiques », Mireille Delmas-Marty, Collège de France, Leçon de clôture.

*** Delmas Marty, Mireille, Aux quatre vents du monde. Petit guide de navigation sur l’océan de la mondialisation, Seuil, 2016, p. 127.

**** (Pierre Rosanvallon Collège de France)

Je veux être un citoyen responsable

… en plus d’autres qualités… bien entendu* ! ! !

Face à la pandémie qui s’étend sur la planète, ma responsabilité d’octogénaire, en bonne santé, autonome, entouré de ma famille et des amis, passionné par ma seconde carrière professionnelle, conscient des aléas et risques des environnements…, cette responsabilité, elle est celle de me comporter dans une conduite de vie préventive et anticipatrice afin de ne pas avoir besoin d’assistance obligée.

En veillant à ma santé, j’évite, tant que je le peux, la visite chez mon médecin, la consommation de médicaments, voir un séjour de soins à l’hôpital… qui pourrait être en surcharge de travail.

En prenant soin du bon équilibre de ma conduite de vie : alimentation, hygiène, activité physique et intellectuelle, loisirs et repos, environnements sains… j’espère ne pas développer la propagation du virus.

Mais, je respecte scrupuleusement les consignes, masque, lavage des mains… vous allez peut être rire, mais j’en suis resté à la javel et l’eau de Cologne ! ! !

Je limite mes déplacements en voiture pour éviter un risque d’accident toujours possible, mais aussi pour laisser les routes à ceux qui travaillent et construisent leur carrière.

Je n’utilise plus ma bicyclette par peur… de ceux qui ne respectent pas les règles de circulation, dont l’usage des avertisseurs de sécurité sonnette et éclairage… il est vrai laissés au rayon « accessoires » par la plupart des fabricants…

J’ai laissé de côté certains travaux autour de ma maison et dans mon potager… pour éviter de me blesser.

J’utilise le point de retrait du supermarché de ma commune, je commande de chez moi et je passe chercher, quelques heures plus tard, sans entrer dans le magasin.

J’aère ma maison, par une ouverture permanente … c’est d’autant plus facile que nous vivons un temps plutôt doux actuellement.

Je continue ma formation personnelle et professionnelle par FUN Formation Universitaire Numérique, les cours du Collège de France et autres, et en participant aux visioconférences qui me sont accessibles, afin d’apprendre pour comprendre et entreprendre les valeurs qui me sont chères : la responsabilité, le bon sens, l’éthique et l’équité, la solidarité, en multipliant les partages de savoirs et expériences, réussites et échecs, projets et passions…

Je peux faire mieux, j’en suis conscient, je promets d’essayer

Amitiés à toutes et tous, prenez soin de vous et de vos proches.

Pierre

retraité professionnel

* je suis né un 18 avril, un petit sourire dans ces temps difficiles et incertains.