Archives de catégorie : Vieillesse

Conseil National de la Nouvelle Resistance

Chères amies, chers amis.

Le Conseil National de la Nouvelle Résistance a annoncé sa création mercredi 13 mai 2020

«Offrir un point de ralliement à toutes celles et ceux, et ils sont nombreux aujourd’hui, individus, collectifs, mouvements, partis et syndicats, qui pensent que les jours heureux ne sont pas qu’une formule vide de sens mais le véritable horizon d’un programme politique… Bertolt Brecht le disait clairement : « Ceux qui se battent peuvent perdre, ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu. » Extrait Presse nationale.

Consacrant ma retraite, 1997, à un travail de réflexions et actions sur  « l’élaboration du projet de retraite et de long vieillissement dans une société mondiale où nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés » je suis convaincu que le rôle et la place des retraités.es, sont essentiels, nécessaires et indispensables pour construire des jours heureux entre et avec quatre, cinq générations, dans le métissage des populations, de leurs cultures. Le danger est dans la non anticipation de ce long temps de vieillissement.

Je souhaite participer à l’engagement du Conseil National de la Nouvelle Résistance, CNNR, merci de votre soutien.

Pierre Caro retraité professionnel

Est-ce encore normal de vieillir? Par José Polard

Est-ce encore normal de vieillir? On constate une médicalisation de la vieillesse, toujours plus croissante.
Après 60 ans, la moitié des femmes et le tiers des hommes ont pris au moins un psychotrope dans l’année ! Voilà le chiffre « effarant » que nous livre le dernier rapport de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie ( le Monde du 7 septembre 2004). Entre les troubles du sommeil, les angoisses, les anxiétés et les divers troubles de l’humeur, se dessine un tableau du vieillir en France plutôt sombre et inquiétant.
Le vieillissement humain est-il encore perçu comme un processus naturel? Sans développer les perspectives transhumanistes qui ne l’intègrent plus dans l’évolution humaine, n’est-il pas en train de devenir une tare de la nature ou un raté de l’environnement ? Tel nous parait être le questionnement qui sous-tend cette surmédicalisation de la relation entre un prescripteur et un patient vieillissant.
Certes, l’ensemble de la population française est concernée par cette croissance folle de la consommation des produits psychotropiques.
Certes, comment ne pas effectuer un rapprochement avec le développement extraordinaire de la chirurgie plastique et des remèdes et pommades miracles contre le vieillissement et ses effets ?  Mais après tout, chacun et chacune agencent comme ils le souhaitent ou comme ils le peuvent, leur rapport à leur propre temporalité.
Certes enfin, on ne peut manquer d’être frappé par la formidable augmentation de prescription d’antidépresseurs en direction des 40/50 ans. Cette tranche d’âge correspond à la crise du milieu de vie, c’est à dire une période de l’existence où un sujet commence à se confronter, de différentes manières( corps, sexualité, famille, travail…) à la réalité de sa finitude mais aussi à ses idéaux, ses rêves et ses fantasmes.
Une insoutenable gravité de l’être en cours de vieillissement.
Pour revenir vers les seniors et les plus âgés, il nous semble qu’il y a, dans nombre de cas, confusion sur le plan du diagnostic, entre d’un côté la dépression organisée et de l’autre une insoutenable gravité de l’être éprouvée et manifestée à certains moments difficiles de l’existence. Par exemple la plainte que l’on peut entendre et observer chez des vieilles personnes n’est pas toujours à prendre au pied de la lettre ou du symptôme, mais constitue bien souvent une entrée en matière relationnelle, le début d’un lien à l’autre. De la même manière, nous observons des positions mélancoliques transitoires et réactives à des renoncements divers, qu’il faut distinguer de la dépression, voire de la mélancolie proprement dite.
Cette insoutenable gravité de l’être, au-delà des différences de personnalité ou des organisations psychopathologiques, nous apparaît comme un fait anthropologique de la vieillesse, une donnée structurelle du vieillissement. Autrement dit, un incontournable de l’aventure de l’existence humaine qu’accentuent l’extrême solitude de l’homo occidentalis et le mouvement répulsif vis à vis des marques de la vieillesse.
Nous souhaitons plutôt souligner le circuit suivant : le symptôme et la plainte d’une vieille personne se traduisent par une demande d’aide qui semble placer le médecin en difficulté si ce n’est en impuissance, puisqu’il est question d’un mal-être identitaire et existentiel, qu’il tente de compenser par la prescription. C’est alors qu’une réponse strictement, durablement médicamenteuse institue en quelque sorte la maladie mentale et son malade et rapidement tarit ce qui pouvait tenter de se dire, sans parler des effets secondaires préoccupants : risque accru de chutes, troubles confusionnels et cardiaques…
L’orientation de l’écoute et donc de la réponse déterminent fortement l’évolution et le devenir symptomatique, comme nous le montre Boris Cyrulnik lorsqu’il décrypte les ressorts de la résilience, autrement dit la capacité de rebondir.
La question centrale qui nous anime, quant nous écoutons une personne âgée est celle-ci. Comment favoriser une relance désirante, un certain goût de vivre ?
Un certain pragmatisme et la conviction que les gens ont au fond d’eux-mêmes ce qu’il faut pour redémarrer sont alors des outils indispensables avec en plus cette vérité que le travail clinique nous enseigne : vieillir n’est pas cesser de devenir.
José Polard, psychologue, psychanalyste.

La vieillesse n’est pas une maladie….heureusement

La vieillesse n’est pas une maladie … heureusement !

– « Il y a deux ans, le Néerlandais Émile Ratelband, a entamé une action en justice pour que sa date de naissance passe du 11 mars 1949 au 11 mars 1969 sur son état-civil. Ses arguments : l’annonce de son âge, qu’il ne paraissait pas, lui portait préjudice sur les réseaux sociaux de recherche d’emploi et sur les sites de rencontres. Et, ajoutait-il, « puisque nous avons le droit de changer de genre et de nom, pourquoi pas d’âge ? » Il a été débouté… Ce qui se prolonge ce n’est pas le grand âge, mais une sorte de nouvel âge moyen. Au Royaume-Uni, un retraité sur quatre retourne au travail, pour des motifs financiers, aussi pour retrouver le sentiment de l’utilité et échapper à la solitude. Beaucoup se sentent aujourd’hui à 70 ans dans la même forme physique qu’autrefois à 40 ans. » Extrait de Prospective, janvier 2020

– « De tout temps, on a parlé de « sénilité ». Mais aujourd’hui, avec l’augmentation de l’espérance de vie, le regard sur les personnes âgées souffrant d’un déficit cognitif lié tout simplement au vieillissement cérébral a changé. Et, avec lui, le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, qui s’est considérablement étendu. Poser l’étiquette « Alzheimer » sur une personne ne fait qu’exprimer l’horreur qu’inspire le vieillissement à une société qui se croit éternellement jeune. Et à en exclure une partie de la population, nous dit Alain Jean, médecin généraliste et gériatre hospitalier, dans ce livre dérangeant et bouleversant. En nous faisant partager avec une profonde empathie ce que ressentent des personnes très âgées pour qui présent et passé se mêlent, deviennent de plus en plus flous, il aborde un débat plus que d’actualité : à force de vouloir maîtriser à tout prix la vieillesse et la mort, n’est-ce pas la médecine qui perd la raison ? » Extrait, Alain Jean, médecin généraliste et gériatre hospitalier. La vieillesse n’est pas une maladie : Alzheimer un diagnostique bien commode, Albin Michel, 2015

– Si octogénaires nous ne sommes « Plus si jeunes mais pas si vieux » nous pouvons agir pour donner du sens, de l’utilité et de l’agrément à l’allongement de la vie, aux personnes vieillissantes, autour de la 2e étape de la retraite. » Extrait, Old Up Association.

Ces trois extraits traduisent presque entièrement mon « souci ». Lors de mon entrée en situation de retraite, en 1997, j’espérais trente, quarante ans avant d’être, peut-être, vieux, et j’avais choisi un temps d’apprentissage pour essayer de répondre à : « pourquoi ? » « comment ? » je devais penser, construire ce long temps de vieillissement en bonne santé.

Demeurer jeune, impossible ; devenir sénile, je souhaite l’éviter ; donner du sens à mon dernier tiers de vie, c’est mon engagement premier afin de demeurer autonome dans mes choix d’expressions, de modes, de conditions, d’environnement de vie.

J’ai choisi d’apprendre tout au long de ma vie pour comprendre et entreprendre ce long vieillissement dans un équilibre harmonieux entre mes relations familiales et amicales ; mes repos et loisirs ; un travail choisi, appris, compris et entrepris pour demeurer citoyen dans une conduite « éthique et responsable » entre et avec quatre, cinq générations, dans le métissage des populations, l’ouverture et l’intérêt à construire la paix et le bonheur pour le plus grand nombre, pour comprendre sans en devenir esclave, les changements irrémédiables dus aux applications des progrès scientifiques, techniques, numériques… dans mes environnements de vie.

J’entreprends ma deuxième moitié de retraite 2020-2040 dans cet état d’esprit.

Rejoignez-nous, partager ne fera que multiplier nos idées, nos projets, nos responsabilités … pour une société mondiale où nous sommes toujours plus nombreux et plus âges !

Merci

Pierre Caro
retraité professionnel, chercheur autodidacte retraite et long vieillissement.

-Quelques chiffres. En 1939 : 580 000* naissances, nous sommes 413 000* octogénaires aujourd’hui ; et nous comptons 21 000 centenaires (2016) dont un sur deux vit au domicile ! 876 000* naissances en France en 1970, 270 000* seront probablement centenaires.
* chiffres arrondis Ined.