Archives de catégorie : Vieillesse

La mort et le mourant

Dans le travail que je mène sur le long temps de vieillissement en bonne santé et autonomie, l’action d’anticiper me semble très importante afin de préparer, dans les meilleures conditions, les évènements possibles.
Cette fable, me semble tout à propos. Pierre

La mort et le mourant

La Mort ne surprend point le sage :
Il est toujours prêt à partir,
S’étant su lui-même avertir
Du temps où l’on se doit résoudre à ce passage.
Ce temps, hélas ! embrasse tous les temps :
Qu’on le partage en jours, en heures, en moments,
Il n’en est point qu’il ne comprenne
Dans le fatal tribut ; tous sont de son domaine ;
Et le premier instant où les enfants des rois
Ouvrent les yeux à la lumière,
Est celui qui vient quelquefois
Fermer pour toujours leur paupière.
Défendez-vous par la grandeur ;
Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse ;
La mort ravit tout sans pudeur :
Un jour le monde entier accroîtra sa richesse.
Il n’est rien de moins ignoré ;
Et puisqu’il faut que je le die,
Rien où l’on soit moins préparé.
Un Mourant, qui comptait plus de cent ans de vie,
Se plaignait à la Mort que précipitamment
Elle le contraignait de partir tout à l’heure,
Sans qu’il eût fait son testament,
Sans l’avertir au moins. « Est-il juste qu’on meure
Au pied levé ? dit-il ; attendez quelque peu ;
Ma femme ne veut pas que je parte sans elle ;
Il me reste à pourvoir un arrière-neveu ;
Souffrez qu’à mon logis j’ajoute encore une aile.
Que vous êtes pressante, ô déesse cruelle !
– Vieillard, lui dit la mort, je ne t’ai point surpris ;
Tu te plains sans raison de mon impatience :
Eh ! n’as-tu pas cent ans ? Trouve-moi dans Paris
Deux mortels aussi vieux ; trouve-m’en dix en France.
Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis
Qui te disposât à la chose :
J’aurais trouvé ton testament tout fait,
Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait.
Ne te donna-t-on pas des avis, quand la cause
Du marcher et du mouvement,
Quand les esprits, le sentiment,
Quand tout faillit en toi ? Plus de goût, plus d’ouïe ;
Toute chose pour toi semble être évanouie ;
Pour toi l’astre du jour prend des soins superflus :
Tu regrettes des biens qui ne te touchent plus.
Je t’ai fait voir tes camarades,
Ou morts, ou mourants, ou malades ;
Qu’est-ce que tout cela, qu’un avertissement ?
Allons, vieillard, et sans réplique.
Il n’importe à la république
Que tu fasses ton testament. »
La Mort avait raison : je voudrais qu’à cet âge
On sortît de la vie ainsi que d’un banquet,
Remerciant son hôte ; et qu’on fit son paquet :
Car de combien peut-on retarder le voyage ?
Tu murmures, vieillard ; vois ces jeunes mourir,
Vois-les marcher, vois-les courir
À des morts, il est vrai, glorieuses et belles,
Mais sûres cependant, et quelquefois cruelles.
J’ai beau te le crier ; mon zèle est indiscret :
Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret.

Fables de LA FONTAINE N°158 Par A.Gazier Armand Colin

“ Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes. ” Félix Leclerc*.

Mais c’est parce que mes parents m’ont donné une bonne source génétique, qu’ils m’ont appris à en prendre soin, que, octogénaire, je produis quelques réflexions et actions qui me permettent de bien vieillir, en bonne santé physique, mentale, psychique, en demeurant autonome.

Ces réflexions et actions se nourrissent de mes curiosités et interrogations : pourquoi cette odeur, ce bruit, cette couleur, ce mouvement, cette parole, ces lignes écrites … ? En fait je joue, je m’amuse à essayer de comprendre. Avec plus ou moins de temps, je me rends compte que je suis heureux d’avoir compris, ou, si je prends conscience qu’il me manque quelques connaissances et expériences, j’ai plaisir à contacter quelques amis, à fouiller bouquins, documentations, articles extraits de recherches avec mon ordinateur, sur internet.

Je n’ai pas trouvé aujourd’hui, de recherches sur : devenir vieux, longtemps ! Dans son ouvrage : « Devenir vieux Les enjeux de la psychiatrie du sujet âgé » 2011 Docteur Cecile Hanon psychiatre et directrice de la collection Ed Doin  » La vieillesse est un naufrage  » disait Charles de Gaulle. Est-ce vrai ? Comment devient-on vieux en France de nos jours ? Qui sont les vieux aujourd’hui ? Vivre le plus longtemps possible en disposant de ses capacités intellectuelles, et de l’essentiel de ses capacités physiques, est un objectif essentiel et qui doit être au cœur des préoccupations de santé publique, mais est-ce encore vivre quand la conscience d’être soi a disparue » 4e de couverture

Si l’essentiel est de disposer des capacités intellectuelles, physiques et mentales, je suis d’accord.
Mais la Docteur Hanon propose une démarche professionnelle qui l’amène à penser : la santé publique, prévenir la maladie. Logique.

Pourquoi, généralement, penser vieillissement c’est aller plutôt vers le pessimiste, le déclin ?

J’ai envie, comme mon pommier qui ajoute tous les ans de nouvelles branches, sur lesquelles poussent des pommes, d’ajouter de nouvelles capacités, à ma vie d’hier. Ces nouvelles branches sont mes intérêts, passions, projets, envie d’en vie**. Je n’ai jamais lu, écrit, joué, plaisanté …, goûté à une forme de vie autant qu’aujourd’hui. Pourtant, hier, j’étais dans cette carrière obligée où j’ai trouvé beaucoup de satisfactions, et je reconnais ce privilège.

Maintenir un équilibre harmonieux entre mes relations, mes loisirs et repos, et mon travail, dans une conduite responsable, semble, à ce jour, avoir produit des fruits puisque je suis bien dans ma tête, dans mon corps, dans mes relations aux autres. J’ai écrit semble parce que j’ai conscience que la maladie, l’accident, peut me surprendre à tout moment.

Et si vieillir c’était d’arranger sa vie pour vraiment la vivre, en goûter vraiment les moments, prendre conscience que je suis capable d’accepter mes faiblesses et de me servir de mes forces !

Si au lieu de penser « le pire des mondes » j’ajoutais, comme mon pommier de nouvelles branches pour de nouveaux fruits !

Je suis convaincu que la « Chaire citoyenne d’interpellation du Monde » pour le bien vieillir longtemps devient une nécessité dans cette société compliquée. Un lieu où chacune et chacun vient partager soucis, passions, réussites et échecs, tristesses et bonheurs, projets, en vrac … afin de trouver dans un pot commun, les fruits matures à déguster pour entreprendre sa vie vers le meilleur pour toutes et tous, pour la paix du monde.

Vos remarques, suggestions, critiques, conseils … nourrirons notre travail au sein de cette « Chaire citoyenne d’interpellation du Monde » pour bien vieillir longtemps. Je vous remercie.

Pierre Caro

retraité professionnel, retraite et long vieillissement.

  • *Felix Leclerc 1924-1988 auteur compositeur interprète écrivain Québécois
  • **petit clin d’œil au film « De plus en plus en vie » réalisé par Aiguemarines Productions.

Réussir sa vie(1) !

Octogénaire il est temps que j’y pense, quoique, durant les deux ou trois décennies prochaines je peux m’engager à faire mieux. En bonne santé, entouré de relations familiales et amicales, quelques moments de repos et loisirs, un temps de travail choisi, appris, compris et entrepris avec plaisir, voire passion, une vie simple, un point c’est tout.

Un petit souci tout de même : je ressens de plus en plus de difficultés à comprendre ce qui se passe autour de moi. Je fais le triste constat que mes lectures, quelques cours suivis sur les formations universitaires numériques, les échanges dans les rencontres pratiquement toutes virtuelles pour cause de pandémie, le déroulement de ma seconde carrière … ne me permettent plus de comprendre une part des évolutions de cette société.

L’ignorance nous empêche de comprendre et donc de participer avec les connaissances nécessaires, indispensables à cette société de plus en plus compliquée (difficile à comprendre) et complexe (de nombreux éléments)

Dans mes premières leçons d’écolier, j’ai appris que l’ignorance était une calamité, qu’il fallait apprendre pour comprendre les développements des sciences et des technologies, qui allaient nous rendre la vie plus agréable. Si nous avons beaucoup appris, vécu des expériences, nous n’avons pas tout bien compris puisque des millions d’êtres humains sont encore victimes de la faim, de maladies, de violences, du manque de relations … dans un monde devenu un grand village tant les voies de communications se sont développées.

Alors que nous imaginons de plus en plus, que nous créons toujours davantage de choix, je pense que nous perdons la capacité d’attention à ce qui serait le mieux pour nous même, pour tous. Il me semble que du simple pékin comme moi, aux plus hautes autorités politiques, nous perdons le contrôle des situations de tous les jours … nous sommes incapables d’anticiper, de prévenir pour protéger.

Lorsque je vois arriver, de loin, les développements des sciences du numérique, de l’intelligence artificielle, des biotechnologies … je suis dans l’inquiétude si nous ne produisons pas, ensemble, les outils nécessaires et indispensables pour apprendre et comprendre afin de participer le plus longtemps possible entre et avec quatre, cinq générations, dans un monde où nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés.

Nous avons quelques préoccupations qui deviennent dangereuses faute de ne pas en avoir anticiper les conséquences possibles. Ce sont des transitions qui deviennent urgentes : climat, pollutions, ressources, territoires, les conflits et guerres … et en même temps les évolutions des relations humaines et avec la nature.

Vaste chantier pour lequel la santé, l’éducation et la formation, le travail qui demeure, pour l’essentiel d’entre nous liberté et dignité … même en situation de retraite, les modes et conditions de vie, les environnements sont des éléments à penser, sans violence, dans les responsabilités de chacun et de tous.

Je vous propose l’une de mes réflexions, qui doit devenir action : un « pôle santé, environnement, société » lieu d’apprentissage par les échanges de savoirs et d’expériences, les partages de projets, d’envies, d’utopies … pour entreprendre un monde de progrès des femmes et des hommes en harmonie avec la nature en équilibre avec toutes sciences et technologies. Merci si vous participez.

Réussir ma vie ! Réussir la vie ? … ce ne pourra être qu’avec vous.

Amitiés à toutes et tous

Pierre

(1) – L’Humanologue N° 4

Grandir … pour vieillir et mourir … quel parcours !

« vivement que je sois grand » laquelle, lequel d’entre nous n’a pas formulé ce vœux ?

Être grand c’est décider de faire ce que l’on veut sans l’avis des autres. Eh oui, mais la société est composée des autres qui ont également des prétentions de devenir grandes et grands.

Alors partageons ? Mais là aussi il y a des plus grands … qui s’imposent avec davantage de besoins ou/et de prétentions … de force !

Arrive le moment où l’on a grandi à un tel point que l’âge vous colle davantage à la peau, quand on vous annonce que vous entrez dans le club des grands-parents, puis celui des arrière grands-parents … les états de santé, d’autonomie et bien être, marquent le nombre des années passées.

Dans les mêmes temps, les copains et copines de boite vous « récompensent » pour votre âge en vous offrant un cadeau de départ … après quarante deux ans de carrière, où vous avez donné une grande part de votre vie. Vous quittez le monde du travail pour celui des retraités.es … autant dire le monde des vieux, seniors, aînés et autres « surnoms » en vogue dans les rencontres … .

Demeurant à la maison vous avez la charge de vider chaque jour votre boite à lettres emplie d’enveloppes et journaux vous invitant à contrôler vos placements et assurances, la douche … important de changer la pomme, les nouvelles ont davantage de trous … , mais aussi votre ouïe, votre vue, vos dents, vos cheveux … et tout le reste de votre corps, qui ne se porte pas trop mal dans sa neuvième décennie … parce que vous avez fichu ces courriers directement dans le sac à papiers à porter à la déchetterie …

Alors le dire c’est bien … mais le fer c’est mieux car ne dit-on pas : une santé de fer ?

Alors l’eau de vie OUI …. grandir NON … c’est MORTIFÈRE …. !

Amitiés à toutes et tous

Pierre

Je veux être un citoyen responsable

… en plus d’autres qualités… bien entendu* ! ! !

Face à la pandémie qui s’étend sur la planète, ma responsabilité d’octogénaire, en bonne santé, autonome, entouré de ma famille et des amis, passionné par ma seconde carrière professionnelle, conscient des aléas et risques des environnements…, cette responsabilité, elle est celle de me comporter dans une conduite de vie préventive et anticipatrice afin de ne pas avoir besoin d’assistance obligée.

En veillant à ma santé, j’évite, tant que je le peux, la visite chez mon médecin, la consommation de médicaments, voir un séjour de soins à l’hôpital… qui pourrait être en surcharge de travail.

En prenant soin du bon équilibre de ma conduite de vie : alimentation, hygiène, activité physique et intellectuelle, loisirs et repos, environnements sains… j’espère ne pas développer la propagation du virus.

Mais, je respecte scrupuleusement les consignes, masque, lavage des mains… vous allez peut être rire, mais j’en suis resté à la javel et l’eau de Cologne ! ! !

Je limite mes déplacements en voiture pour éviter un risque d’accident toujours possible, mais aussi pour laisser les routes à ceux qui travaillent et construisent leur carrière.

Je n’utilise plus ma bicyclette par peur… de ceux qui ne respectent pas les règles de circulation, dont l’usage des avertisseurs de sécurité sonnette et éclairage… il est vrai laissés au rayon « accessoires » par la plupart des fabricants…

J’ai laissé de côté certains travaux autour de ma maison et dans mon potager… pour éviter de me blesser.

J’utilise le point de retrait du supermarché de ma commune, je commande de chez moi et je passe chercher, quelques heures plus tard, sans entrer dans le magasin.

J’aère ma maison, par une ouverture permanente … c’est d’autant plus facile que nous vivons un temps plutôt doux actuellement.

Je continue ma formation personnelle et professionnelle par FUN Formation Universitaire Numérique, les cours du Collège de France et autres, et en participant aux visioconférences qui me sont accessibles, afin d’apprendre pour comprendre et entreprendre les valeurs qui me sont chères : la responsabilité, le bon sens, l’éthique et l’équité, la solidarité, en multipliant les partages de savoirs et expériences, réussites et échecs, projets et passions…

Je peux faire mieux, j’en suis conscient, je promets d’essayer

Amitiés à toutes et tous, prenez soin de vous et de vos proches.

Pierre

retraité professionnel

* je suis né un 18 avril, un petit sourire dans ces temps difficiles et incertains.

Gouvernance par les nombres. Alain Supiot

Bonjour

Vous trouvez ci-dessous quelques lignes d’une intervention de l’un de mes anciens professeurs, que vous connaissez tous, Alain Supiot, à propos de la gouvernance par les nombres.

Pour mon travail de retraité professionnel par exemple « sur les conséquences du long vieillissement en France » : 1,5 million de plus de 85 ans en 2020, 4,5 millions en 2050, (60 % souhaitent rester au domicile) ; 151 millions de plus de 80 ans ; 21000 centenaires aujourd’hui, 200 000 en 2060. L’Union Européenne en 2060, 517 millions, d’habitants 61 million de plus de 80 ans… En 2012, 316 000 centenaires dans le monde, ils pourraient être plus de 3 millions en 2050 (extrait ONU)

Comprendre ces chiffres qui se veulent garants de la réalité et se proposent comme levier de l’action, m’invite à travailler sur le nombre de professionnels à former, d’établissements, de lits, de cuisines, de mobiliers… à prévoir pour entrer dans « la réalisation efficace d’objectifs mesurables plutôt que dans l’obéissance à des lois justes, ne laissant aux hommes, ou aux États, d’autre issue que de faire allégeance à plus fort qu’eux, au mépris du droit social » Alain Supiot

Etes-vous dans des situations différentes dans vos spécialités ?

Échanger nous enrichira tous pour que nous demeurions responsables d’une société durable dans la paix… à construire.

France culture Débat 1

Depuis six mois, nous vivons au rythme des indicateurs chiffrés qui mesurent la circulation du Covid-19 en France. Nos dirigeants les commentent afin d’expliquer et de faire accepter les mesures qui s’imposent. Mais cette rentrée a été aussi marquée par la polémique au sujet des chiffres de la délinquance. Alors, les nombres sont-ils devenus la clé de toute décision ? Comment modifient-ils l’art de gouverner ? Pouvons-nous les critiquer ?

La gouvernance par les nombres » Qu’entendez-vous par là ?2

Alain Supiot3 : Nous sommes les héritiers d’une tradition juridique et politique, qui fait dépendre la paix entre les hommes de ce que la Déclaration universelle de 1948 nomme un « régime de droit ». Dans un tel régime, c’est la soumission de tous à une loi commune qui garantit la liberté de chacun. En démocratie, tous les citoyens doivent pouvoir participer à l’élaboration de cette loi, qui repose donc sur la souveraineté du peuple et non sur celle d’un Dieu ou d’un monarque.

Ce modèle d’un « gouvernement par les lois » a commencé d’être remis en question lorsque, observant les sociétés humaines comme des objets mesurables et quantifiables, on a cru pouvoir identifier les lois scientifiques de leur fonctionnement. Ces « lois de la nature » sont censées échapper à la délibération démocratique. Les régimes qui ont ainsi prétendu se fonder sur la biologie (lutte des races) ou sur l’économie (socialisme scientifique) ont aboli l’État de droit et cherché à normaliser les comportements, chacun devant agir conformément à son être biologique ou économique supposé.

Depuis quarante ans, c’est le néolibéralisme qui entend à son tour, sur toute la surface du globe, soumettre le droit à un « ordre spontané du marché », fondé sur des calculs individuels d’intérêts qui échappent au débat démocratique. Lorsqu’un système dogmatique perd son ancrage dans la réalité, il est condamné à rencontrer sa limite catastrophique. Ce fut le cas de l’Union soviétique, qui a soumis le droit à la mise en œuvre du « Gosplan », chargé de planifier les objectifs économiques. Elle s’est effondrée lorsque l’écart entre le monde réel et sa représentation chiffrée est devenu intenable.

Echanges avec le quotidien La Croix

Les opérations de quantification reposent toujours sur des opérations de qualification. Avant la production d’un nombre, il faut toujours s’interroger sur la représentation chiffrée de la réalité. Il peut aussi y avoir un divorce entre les deux. Alain Supiot 

A tous les niveaux de gouvernance, on compare les choux et les carottes. La question de la comparabilité des chiffres est centrale, notamment dans le contexte actuel. Nadia Maïzi (Directrice du Centre de Mathématiques Mines Paris Tech)

Il y a un enjeu assez important pour l’INSEE : la littératie statistique, c’est-à-dire la compréhension que les citoyens ont des chiffres. On tente de moderniser et de rendre plus accessible notre communication par des actions à tous les niveaux. Mais il y a un dilemme entre une demande de simplicité et la volonté d’obtenir une information complètement descriptive. Didier Blanchet (Insee)

Mes amis, si vous avez un moment, aider moi àpprendre en échangeant vos connaissances, expériences… Merci

1France Culture émission Le temps du débats https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-du-debat/quels-chiffres-pour-gouverner

2Question de Béatrice Bouniol, de « La Croix »

3 Alain Supiot – Juriste, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités», fondateur en 2008 de l’Institut d’études avancées de Nantes,

Edito : Faut-il supprimer les maisons de retraite ?

Annie de Vivie, fondatrice d’Agevillage, directrice des formations Humanitude. mis à jour le 08/09/2020

Pour quelles alternatives ?

Voilà une drôle de question, qui circule sur les réseaux sociaux , dans les médias (Courrier international) et les plateaux de télévision (Magazine de la santé sur France 5/Allo docteur).
Il est vrai que l’image de ces maisons de retraite, ces mal nommés EHPAD (Etablissements pour personnes âgées dépendantes), en a encore pris un coup avec la crise sanitaire.

Le décompte macabre des morts chaque jour à la télévision était à peine compensé des applaudissements aux professionnels de terrain.

Les ministres chargées de l’autonomie et de l’insertion, mesdames Bourguignon et Klinkert ont justement rendu visite à ces équipes. Elles ont choisi rendre hommage à des professionnels d’établissements et de services à domicile du Grand Est, qui ont particulièrement souffert (décès de résidents et d’une aide-soignante), mais n’ont pas déserté et sont venu prendre soin chaque jour des plus malades.

Alors pourquoi cette question : faut-il supprimer les maisons de retraite ?

Parce qu’on ne veut plus y entrer ? Souhaite-t-on entrer dans un service de réanimation ? Non, et pourtant nous comptons sur eux ! Il en est de même quand la maladie s’aggrave, que le besoin d’aides, de présences professionnelles, devient nécessaire 24 heures sur 24 avec une qualité de prendre soin qui permet d’éviter les troubles du comportement et de continuer à bricoler sa vie, son projet d’accompagnement personnalisé….. Extrait de Agevillage Le site d’infos des seniors et aidants.

Réaction de Pierre Caro,

Bonjour

Vous le savez, je consacre ma retraite, depuis 1997, à un travail de réflexions et d’actions sur les conséquences d’un long vieillissement, ce dernier tiers de vie 60/90 ans possible, 65/100 ans et plus probable demain.

Si vieillir en bonne santé et autonomie est un grand bonheur, le danger est dans la non-anticipation de ce long temps de vieillissement avec la conscience des changements irrémédiables.

Octogénaire, je n’envisage pas, passées ces 20 prochaines années, mon entrée dans une maison de retraite, ou Ehpad…, mais ce sont sans doute mes enfants qui « penseront que c’est mieux pour moi » !

Je ne sais répondre à la question, ce que j’ai appris, durant ces plus de 20 années de travail sur le vieillissement, c’est que la question « économique » passe avant celle du professionnalisme.

Fâcheuse tendance, en France, c’est mon sentiment, il y a les professionnels reconnus, et les autres ; des discriminations de genre : les femmes, nous avons un gros travail à entreprendre ; discrimination de profession : médecin, ingénieur et technicien de surface ou femme de ménage… ; discrimination de secteur d’activité : de l’informatique au gardiennage, de la production à l’entretien… ; discrimination de sexe et là, « vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre » supériorité des femmes dans les professions de représentation telles les hôtesses, il n’y a pas de masculin, au point qu’un homme serait dévalorisé ou devenu… douteux !… ; discrimination d’âge…

Mais je ne suis que professionnel retraité et j’ai conscience de mes ignorances.

Dans les premières rencontres entre personnes, une question apparaît rapidement « quelle profession exercez-vous ou exerciez-vous ? » ou « vous travaillez dans quel secteur ? »… des valeurs qui comptent, plus rarement : combien gagnez-vous… sauf, si c’est une situation de type « alliance maritale » ! ! !

Je suis chaque jour davantage convaincu qu’en priorité l’éducation, la formation, et la valorisation des professions, peuvent changer les états actuels du regard sur les maisons de retraite et Ephad. Nous devons toutes et tous travailler sur cet objectif.

Donner l’envie à des jeunes de devenir de vrais professionnels connus et reconnus auprès des âgés, et faire qu’ils n’auront rien à envier à n’importe quelle autre profession ou situation.

Que l’un de vos enfants ou petits-enfants travaille dans le lieu change beaucoup l’appréhension par le fait qu’on est malgré tout, persuadé que c’est un bon professionnel, consciencieux.

Oui pour donner un label de qualité de vie ( milieu, ressources, relations, formations tout au long de la carrière, promotions…) pour ces professions, ce doit être une parmi les priorités immédiates.

Les responsabilités et engagements sont à partager entre citoyens, élus et responsables des politiques humaines, sociales, économiques, culturelles, d’environnements… .

Nous vieillissons tous, c’est irrémédiable, travaillons ensemble pour que MON entrée en maison de retraite ou en Ehpad soit la plus sereine possible… le plus important demeurant ma petite personne ! ! !

Garder en mémoire qu’apprendre à bien vieillir longtemps fait partie intégrale de l’apprentissage tout au long de la vie.

Amitiés à toutes et tous… Et heureux d’échanger savoirs, expériences, idées, passions… autant d’outils qui nourrissent mon travail de retraité professionnel. Merci.

Conseil National de la Nouvelle Resistance

Chères amies, chers amis.

Le Conseil National de la Nouvelle Résistance a annoncé sa création mercredi 13 mai 2020

«Offrir un point de ralliement à toutes celles et ceux, et ils sont nombreux aujourd’hui, individus, collectifs, mouvements, partis et syndicats, qui pensent que les jours heureux ne sont pas qu’une formule vide de sens mais le véritable horizon d’un programme politique… Bertolt Brecht le disait clairement : « Ceux qui se battent peuvent perdre, ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu. » Extrait Presse nationale.

Consacrant ma retraite, 1997, à un travail de réflexions et actions sur  « l’élaboration du projet de retraite et de long vieillissement dans une société mondiale où nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés » je suis convaincu que le rôle et la place des retraités.es, sont essentiels, nécessaires et indispensables pour construire des jours heureux entre et avec quatre, cinq générations, dans le métissage des populations, de leurs cultures. Le danger est dans la non anticipation de ce long temps de vieillissement.

Je souhaite participer à l’engagement du Conseil National de la Nouvelle Résistance, CNNR, merci de votre soutien.

Pierre Caro retraité professionnel

Est-ce encore normal de vieillir? Par José Polard

Est-ce encore normal de vieillir? On constate une médicalisation de la vieillesse, toujours plus croissante.
Après 60 ans, la moitié des femmes et le tiers des hommes ont pris au moins un psychotrope dans l’année ! Voilà le chiffre « effarant » que nous livre le dernier rapport de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie ( le Monde du 7 septembre 2004). Entre les troubles du sommeil, les angoisses, les anxiétés et les divers troubles de l’humeur, se dessine un tableau du vieillir en France plutôt sombre et inquiétant.
Le vieillissement humain est-il encore perçu comme un processus naturel? Sans développer les perspectives transhumanistes qui ne l’intègrent plus dans l’évolution humaine, n’est-il pas en train de devenir une tare de la nature ou un raté de l’environnement ? Tel nous parait être le questionnement qui sous-tend cette surmédicalisation de la relation entre un prescripteur et un patient vieillissant.
Certes, l’ensemble de la population française est concernée par cette croissance folle de la consommation des produits psychotropiques.
Certes, comment ne pas effectuer un rapprochement avec le développement extraordinaire de la chirurgie plastique et des remèdes et pommades miracles contre le vieillissement et ses effets ?  Mais après tout, chacun et chacune agencent comme ils le souhaitent ou comme ils le peuvent, leur rapport à leur propre temporalité.
Certes enfin, on ne peut manquer d’être frappé par la formidable augmentation de prescription d’antidépresseurs en direction des 40/50 ans. Cette tranche d’âge correspond à la crise du milieu de vie, c’est à dire une période de l’existence où un sujet commence à se confronter, de différentes manières( corps, sexualité, famille, travail…) à la réalité de sa finitude mais aussi à ses idéaux, ses rêves et ses fantasmes.
Une insoutenable gravité de l’être en cours de vieillissement.
Pour revenir vers les seniors et les plus âgés, il nous semble qu’il y a, dans nombre de cas, confusion sur le plan du diagnostic, entre d’un côté la dépression organisée et de l’autre une insoutenable gravité de l’être éprouvée et manifestée à certains moments difficiles de l’existence. Par exemple la plainte que l’on peut entendre et observer chez des vieilles personnes n’est pas toujours à prendre au pied de la lettre ou du symptôme, mais constitue bien souvent une entrée en matière relationnelle, le début d’un lien à l’autre. De la même manière, nous observons des positions mélancoliques transitoires et réactives à des renoncements divers, qu’il faut distinguer de la dépression, voire de la mélancolie proprement dite.
Cette insoutenable gravité de l’être, au-delà des différences de personnalité ou des organisations psychopathologiques, nous apparaît comme un fait anthropologique de la vieillesse, une donnée structurelle du vieillissement. Autrement dit, un incontournable de l’aventure de l’existence humaine qu’accentuent l’extrême solitude de l’homo occidentalis et le mouvement répulsif vis à vis des marques de la vieillesse.
Nous souhaitons plutôt souligner le circuit suivant : le symptôme et la plainte d’une vieille personne se traduisent par une demande d’aide qui semble placer le médecin en difficulté si ce n’est en impuissance, puisqu’il est question d’un mal-être identitaire et existentiel, qu’il tente de compenser par la prescription. C’est alors qu’une réponse strictement, durablement médicamenteuse institue en quelque sorte la maladie mentale et son malade et rapidement tarit ce qui pouvait tenter de se dire, sans parler des effets secondaires préoccupants : risque accru de chutes, troubles confusionnels et cardiaques…
L’orientation de l’écoute et donc de la réponse déterminent fortement l’évolution et le devenir symptomatique, comme nous le montre Boris Cyrulnik lorsqu’il décrypte les ressorts de la résilience, autrement dit la capacité de rebondir.
La question centrale qui nous anime, quant nous écoutons une personne âgée est celle-ci. Comment favoriser une relance désirante, un certain goût de vivre ?
Un certain pragmatisme et la conviction que les gens ont au fond d’eux-mêmes ce qu’il faut pour redémarrer sont alors des outils indispensables avec en plus cette vérité que le travail clinique nous enseigne : vieillir n’est pas cesser de devenir.
José Polard, psychologue, psychanalyste.

La vieillesse n’est pas une maladie….heureusement

La vieillesse n’est pas une maladie … heureusement !

– « Il y a deux ans, le Néerlandais Émile Ratelband, a entamé une action en justice pour que sa date de naissance passe du 11 mars 1949 au 11 mars 1969 sur son état-civil. Ses arguments : l’annonce de son âge, qu’il ne paraissait pas, lui portait préjudice sur les réseaux sociaux de recherche d’emploi et sur les sites de rencontres. Et, ajoutait-il, « puisque nous avons le droit de changer de genre et de nom, pourquoi pas d’âge ? » Il a été débouté… Ce qui se prolonge ce n’est pas le grand âge, mais une sorte de nouvel âge moyen. Au Royaume-Uni, un retraité sur quatre retourne au travail, pour des motifs financiers, aussi pour retrouver le sentiment de l’utilité et échapper à la solitude. Beaucoup se sentent aujourd’hui à 70 ans dans la même forme physique qu’autrefois à 40 ans. » Extrait de Prospective, janvier 2020

– « De tout temps, on a parlé de « sénilité ». Mais aujourd’hui, avec l’augmentation de l’espérance de vie, le regard sur les personnes âgées souffrant d’un déficit cognitif lié tout simplement au vieillissement cérébral a changé. Et, avec lui, le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, qui s’est considérablement étendu. Poser l’étiquette « Alzheimer » sur une personne ne fait qu’exprimer l’horreur qu’inspire le vieillissement à une société qui se croit éternellement jeune. Et à en exclure une partie de la population, nous dit Alain Jean, médecin généraliste et gériatre hospitalier, dans ce livre dérangeant et bouleversant. En nous faisant partager avec une profonde empathie ce que ressentent des personnes très âgées pour qui présent et passé se mêlent, deviennent de plus en plus flous, il aborde un débat plus que d’actualité : à force de vouloir maîtriser à tout prix la vieillesse et la mort, n’est-ce pas la médecine qui perd la raison ? » Extrait, Alain Jean, médecin généraliste et gériatre hospitalier. La vieillesse n’est pas une maladie : Alzheimer un diagnostique bien commode, Albin Michel, 2015

– Si octogénaires nous ne sommes « Plus si jeunes mais pas si vieux » nous pouvons agir pour donner du sens, de l’utilité et de l’agrément à l’allongement de la vie, aux personnes vieillissantes, autour de la 2e étape de la retraite. » Extrait, Old Up Association.

Ces trois extraits traduisent presque entièrement mon « souci ». Lors de mon entrée en situation de retraite, en 1997, j’espérais trente, quarante ans avant d’être, peut-être, vieux, et j’avais choisi un temps d’apprentissage pour essayer de répondre à : « pourquoi ? » « comment ? » je devais penser, construire ce long temps de vieillissement en bonne santé.

Demeurer jeune, impossible ; devenir sénile, je souhaite l’éviter ; donner du sens à mon dernier tiers de vie, c’est mon engagement premier afin de demeurer autonome dans mes choix d’expressions, de modes, de conditions, d’environnement de vie.

J’ai choisi d’apprendre tout au long de ma vie pour comprendre et entreprendre ce long vieillissement dans un équilibre harmonieux entre mes relations familiales et amicales ; mes repos et loisirs ; un travail choisi, appris, compris et entrepris pour demeurer citoyen dans une conduite « éthique et responsable » entre et avec quatre, cinq générations, dans le métissage des populations, l’ouverture et l’intérêt à construire la paix et le bonheur pour le plus grand nombre, pour comprendre sans en devenir esclave, les changements irrémédiables dus aux applications des progrès scientifiques, techniques, numériques… dans mes environnements de vie.

J’entreprends ma deuxième moitié de retraite 2020-2040 dans cet état d’esprit.

Rejoignez-nous, partager ne fera que multiplier nos idées, nos projets, nos responsabilités … pour une société mondiale où nous sommes toujours plus nombreux et plus âges !

Merci

Pierre Caro
retraité professionnel, chercheur autodidacte retraite et long vieillissement.

-Quelques chiffres. En 1939 : 580 000* naissances, nous sommes 413 000* octogénaires aujourd’hui ; et nous comptons 21 000 centenaires (2016) dont un sur deux vit au domicile ! 876 000* naissances en France en 1970, 270 000* seront probablement centenaires.
* chiffres arrondis Ined.