Bien vieillir longtemps… un apprentissage indispensable.

France Culture. Émission écoutée le samedi 6 août 2022. Regards croisés entre deux femmes alerteurs : Claire Nouvian et Marie Amiguet*… « Des vies engagées, traversées de doutes, de rires, de pleurs, de victoires et de désespoirs, mais toujours parsemées de beautés qui permettent de se relever et d’avancer » extrait de la présentation.

Mes dix arrière-petits-enfants auront mon âge à la fin du siècle… c’est demain tant je vis les jours, semaines, mois et années actuellement.

Pourquoi j’ai compris très tôt que demain devait se préparer… hier, voire avant-hier, je ne peux l’expliquer.

Demain, quelques années avant l’an 2000, c’était ce dernier tiers de vie que je pouvais espérer, de 60 à 90 ans dans ce XXIe siècle. J’avais, en prévention, protégé ma bonne santé, mon autonomie, mes engagements responsables de citoyens, durant ces soixante premières années, par mes choix de modes, conditions et environnements de vie.

J’allais devoir entreprendre de continuer ma vie dans une société mondiale où nous serions toujours plus nombreux et plus âgés, entre et avec quatre, cinq générations, dont deux, voire trois, en situation de retraite et long vieillissement.

Depuis les années 1960, j’avais appris que les développements des sciences et des technologies par les outils informatiques allaient bouleverser nos conditions de vie. De la santé au monde du travail, des changements climatiques aux migrations, de la montée des eaux des mers et océans au besoin d’eau potable… autant d’évolutions dont dépendront, en partie, les conditions de retraite et de long vieillissement des jeunes générations.

Je savais, depuis qu’en 1971, à Stockholm, 30 scientifiques de haut niveau provenant de 14 pays avaient exprimé un risque de « changement global climatique rapide et grave causé par les humains », qui aura des conséquences mondiales sur les environnements et les populations. Le terme « effet de serre » était apparu.

En 1978 nous apprenions la première opération du chirurgien « Arthobot », suivi de nombreux progrès pour réparer la vie.

Je pourrai continuer…

Aujourd’hui, après vingt années de retraite, mon approche d’après demain c’est l’horizon du demi-siècle. Si je n’y arrive pas, au moins j’aurai nourri mes envies réalisées ou pas, mes projets réussis, loupés ou abandonnés… mais qui auront participé à mes « apprentissages » de relations à moi-même et aux autres, pour un enrichissement personnel et collectif par les échanges de savoirs et d’expériences, de nos différences qui sont nos richesses.

Si je souhaite mes meilleurs vœux à ma famille et mes proches en 2050… je serai heureux et fier de montrer une vie satisfaisante pour moi. J’espère un chemin possible pour mes enfants, petits et arrière, voire arrière-arrière-petits-enfants.

Si ma vie est plus courte, j’aurai été comblé.

J’aime assez « L’essentiel est l’emploi de la vie, non sa durée » Sénèque Artiste, Dramaturge, Homme d’état, Philosophe (-4,-65)

Pierre, retraité professionnel, chercheur autodidacte retraite et long vieillissement.

* Avec Marie Amiguet, auteure, réalisatrice animalière et co-réalisatrice du film « La panthère des neiges », actuellement au cinéma et bientôt en DVD.

Et avec, Claire Nouvian, défenseure des océans et de leurs écosystèmes, fondatrice et présidente de l’association Bloom, réalisatrice de documentaires animaliers et auteure du livre « Abysses » Fayard.

Impossible aujourd’hui de ​“ghoster*” la crise des métiers du Grand âge !

Cela demande une collaboration étroite et infaillible entre : les personnes âgées**, les professionnels***, l’État.

– Les premières doivent apprendre à bien vieillir longtemps en santé, autonomie et engagement dans la société. Elles doivent chercher à limiter au mieux leurs recours aux soins et accompagnements de santé. Nous sommes tout de même une majorité d’âgés dans cette situation actuellement.

– Les seconds doivent trouver des « intérêts personnels et professionnels » par les formations, qui permettront d’envisager les satisfactions et évolutions d’une carrière assurée dans mes meilleures conditions de travail, de responsabilité, et de développement. Une communauté universelle doit se créer entre les chercheurs, les enseignants, les pratiquants qu’elles que soient leurs fonction, hiérarchie, responsabilité, afin de que tous s’enrichissent par leurs partages de réflexions et de pratiques.

– Le troisième à la responsabilité et le devoir de mener une politique de santé responsable, équitable et universelle par la mise en place des informations et formations avant et tout au long de la carrière. La prévention est le meilleur remède pour éviter, autant que cela puisse être, les accidents de la vie. Elle est aussi la condition première afin que des professionnels puissent répondre aux conséquences d’accidents.

Afin d’encourager à l’engagement responsable, il pourrait être étudié :

– à partir d’un engagement respecté de 10 ans : 1 an de retraite acquis ; – 20 ans : 2 ans ; 30 ans : 3 ans ; 40 ans : 5 ans… par exemple.

Bien entendu les salaires et rémunérations dès l’engagement en formation, doivent être incitatifs.

La situation est universelle, une collaboration réelle entre les Etats du monde doit être développée afin de faire face à l’augmentation des populations 8 milliards aujourd’hui ; 8,5 en 2030 ; 9,7 en 2050 ; plus de 10 milliards en 2080. Cette situation mondiale doit être prise en compte avec les diversités des situations régionales. « Plus de la moitié de l’augmentation prévue de la population mondiale jusqu’en 2050 sera concentrée dans huit pays : Égypte, Éthiopie, Inde, Nigéria, Pakistan, Philippines, République démocratique du Congo et Tanzanie » Source ONU juillet 2022. 

Les moyens d’information, de communication, de transport ne permettent plus de limiter à l’Europe, voir à la France, les conséquences de ces situations nouvelles en développement.

Durant ces vingt cinq premières années de retraite, 1997-2022, j’ai partagé réflexions et actions, sur les conséquences d’un long temps de vieillissement. Car si vieillir est une évolution normale, vieillir longtemps est une situation pour laquelle nous n’avons pas d’histoire en référence. Nous n’avons jamais connu une société de quatre, cinq générations, dont deux, voire trois en situation de retraite et long vieillissement. Nous devons anticiper les conséquences de cette situation afin que les jeunes générations ne soient pas victimes de nos manques de politique d’anticipation et de création. Nous savons que le vieillissement concerne toutes les populations à partir de leurs situations actuelles****.

Une crise, considérée comme un moment difficile, souvent due à un manque d’anticipation, doit nous faire réagir le plus rapidement possible, avec les moyens et capacités en notre pouvoir, ou imaginer et créer dans l’urgence. Le risque est de ne pas vouloir en prendre conscience. « Le risque, chez Beck, est une anticipation d’une catastrophe. Le risque est devenu la mesure de notre action, il est une transformation de la modernité » La société du risque Ulrich Beck 2001 pour l’édition française.

En France, aujourd’hui, 16,7 millions de retraités, âge moyen d’entrée en retraite : 62 ans et 6 mois pour les femmes, 61 ans et 11 mois pour les hommes. 29,2 millions d’actifs en 2019 en France.

Vingt-cinq années de retraite que j’ai voulu entreprendre comme une seconde carrière, dans un engagement professionnel bénévole, me font éprouver une gêne de savoir qu’avant retraite j’étais actif, que je ne le suis plus depuis un quart de siècle ! Je me suis souvent livré dans mes ateliers citoyens, à la lecture des annonces nécrologiques par des personnes de plus de 60 ans en général. Mourir avant 90 ans c’est presque trop tôt pour la majorité d’entre elles.

Alors, pourquoi ne pas inviter des volontaires à entreprendre, comme je le fais, une seconde carrière… entre 60 et 80 ans par exemple ? Nous sommes nombreux octogénaires et plus, engagés, en bonne santé et autonomes, participant « activement » à la vie, au moins de nos territoires de vie.

C’est peut être une réponse à prendre en compte, à étudier, pour organiser cette « école de la troisième chance » que j’avais essayé de mettre en discussion, voici près de vingt ans, lorsque j’ai terminé mon temps d’apprentissage à la retraite 1997-2000 ? Proposer un temps d’apprentissage pour entreprendre une seconde carrière en situation de retraite … pour répondre aux problèmes du vieillissement des populations ? De nouvelles « carrières » de retraités doivent se « construire » avec la collaboration des intéressés (ou proches de l’être), afin d’apprendre pour comprendre les enjeux, entreprendre un bénévolat professionnel choisi, compris et créer pour un développement personnel et collectif.

C’est également une part de mes raisons de créer cette « Chaire citoyenne du bien vieillir longtemps » qui doit permettre d’apprendre ensemble pour développer un projet de vie en situation de retraite et de long temps de vieillissement.

Pour répondre, au moins en partie, « à l’impossibilité de ghoster la crise des métiers du Grand Age ? »

Bien à vous,
Pierre Caro retraité professionnel

* Pratiquer le ghosting, ne plus donner signe de vie, disparaître du jour au lendemain, pour éviter la confrontation d’une rupture et ne pas avoir à se justifier.

** malades, handicapées… ayant besoin d’une assistance.

*** quel que soit l’emploi, niveau hiérarchique, le secteur d’activité, le territoire et/ou le pays.

**** A l’échelle mondiale, les plus de 65 ans qui constituent actuellement 9,1 % de la population, devraient en représenter 11,7 % en 2030, 15,9 % en 2050. Et les démographes évaluent leur groupe d’âge à 22,6 % en 2100. Mais qui peut affirmer ce qu’il arrivera d’ici là ? Le Monde. Martine Valo 18 juin 2019

L’eau et la vie*, vieux et société !

Je viens de terminer la lecture de T 10, La revue de la Tribune, juin 2022, qui m’a été offerte par mon amie Ghislaine lors de son séjour à Saint Gildas des Bois : « Pourquoi faut-il sauver l’eau ? »

«Et puis un jour l’eau vint à manquer. On n’avait pas voulu y croire. On avait repoussé le moment où il aurait fallu affronter cette réalité. Enfin… «on»… en tout cas «nous» -car c’est bien du collectif dont il s’agit- savions…»

Premières lignes de l’Edito de Valérie Abrial Directrice éditorial de T 10.

J’ai l’envie de reprendre ces lignes dans le contexte de mon travail sur les conséquences d’un long temps de vieillissement.

«Et puis un jour, «la politique du grand âge» vint à manquer. On n’avait pas voulu y croire. On n’avait repoussé le moment où il aurait fallu penser une population toujours plus nombreuse et plus âgée, où les problèmes de vieillissement s’aggraveraient. Enfin… «on»… en tout cas «nous» -car c’est bien du collectif des boomers actuels dont il s’agit- savions… que nous serions, en 2022, environ 15 millions** de citoyennes et citoyens, nés après la seconde guerre mondiale, une majorité d’entre eux en bonne santé et autonome.

Entreprendre aujourd’hui en regardant les réalités en face : nous vieillissons 20 années de plus que nos parents, que faisons-nous de ce temps ?

Lors de mon entrée en situation de retraite, 1997, j’ai espéré trente, quarante années de vie heureuse entourée de ma famille, de mes amis, dans un projet de vie construit. C’était motivant.

Ces vingt-cinq premières années passées en bonne santé, je les ai entreprises comme une nouvelle carrière professionnelle, et j’envisage les quinze prochaines avec la même confiance et sérénité. Je serai centenaire.

Nous avons les promesses d’une «Loi grand âge» qui ne demande qu’à approuver et reconnaître ces boomers qui servent la société en France et au-delà, en demeurant intégrés, engagés, initiateurs de projets dans les associations et organisations humanitaires, culturelles, sociales, dans les responsabilités sur leur territoire (Mairie, Communauté de communes…), auprès de cette quatrième génération***que sont les parents des boomers !

Toujours plus âgés et plus nombreux, la preuve est apportée : le nombre des plus de 85 ans passera de 4 % aujourd’hui, à 8 % en 2070 ; 1100 centenaires en 1975, 22000 aujourd’hui, il pourrait être de 270 000 en 2070… dont mes enfants.

Anticiper : une nécessité, une obligation.

Quelle politique ? Elle doit se construire sur une société de prévention où la perte d’autonomie n’est pas inéluctable, où l’usage des technologies est adapté aux besoins, où l’isolement est combattu dans une solidarité responsable.

Nous connaissons nos réussites, nous avons conscience de nos erreurs, il nous appartient d’inviter nos enfants, dès aujourd’hui, à construire leur long temps de vieillissement. Ce n’est plus une histoire de famille d’aidants bénévoles, c’est l’ouverture de formations nécessaires et indispensables pour de nouvelles professions, de nouvelles responsabilités, nouvelles relations entre quatre, cinq générations. Construisons, aujourd’hui, la société qui ne gère plus le déclin, mais qui accompagne professionnellement un long temps de vieillissement dans la dignité****.

Derniers vœux pour une société plus âgée : une politique qui connaît, reconnaît, les engagements des aînés dans des activités d’utilité sociale, au-delà du seul bénévolat, la bonne volonté ne suffit. Je l’affirme d’autant plus aisément que c’est la politique que j’ai choisie, dont je suis entièrement satisfait : retraité professionnel, bénévole.

et la politique du bien vieillir longtemps s’est mise en place en place en 2022, nous sommes en 2070, notre société est un exemple pour le monde.

Pierre Caro
retraité professionnel

* j’aurais pu ajouter l’air, la terre, le soleil … indispensables à notre vie.

**des chiffres connus de tous : 20 millions et 24 millions en 2030 et 2050. Les plus de 85 ans, 1,4 million en 2021, 5 millions en 2060. Seuls 8% des plus de 60 ans sont dépendants et 1 personne de plus de 85 ans sur 5 (20%). solidarites-sante.gouv.fr

***ATD Quart Monde, Emmaüs, Handicap International, Médecins sans frontières, Croix Rouge, Secours Populaire, SOS enfants… pour n’en citer que quelques-unes.

****Comme le précise la Drees en préambule de son étude publiée en octobre 2021 : « l’espérance de vie sans incapacité correspond au nombre d’années que peut espérer vivre une personne sans être limitée dans ses activités quotidiennes« .

Imaginer et/ou savoir !

Dans ma fratrie, l’une de mes responsabilités d’aîné était de faire le fier en expliquant à mes cadets ce qu’ils ne savaient pas … où ce que je voulais qu’ils apprennent, sachant que leur confiance dans un grand frère était acquise… Cela n’a pas duré, après quelques années, il a fallu partager, ce qui nous a tous enrichis, nous le reconnaissons aujourd’hui.

Les ans ont fait de moi un arrière grand-père, un aîné vieillissant qui fait son possible pour demeurer en bonne santé, autonome et participant actif dans cette société de plus en plus complexe et compliquée.

Participer c’est, en premier lieu, avec mes proches, sur mon territoire de vie, d’échanger des questionnements pour lesquels je suis impliqué, où, éventuellement, compétent. En même temps je dois comprendre les politiques prises par les personnes qualifiées, élus et responsables de cette société, de mon territoire de vie au monde devenu un grand village par les développements des moyens de communications, d’informations, de déplacements.

J’ai décidé d’être un octogénaire, drôle, amusant, tout comme génial… on ne se refait pas, et « viser » un objectif sur l’échelon au dessus de mes connaissances me permet d’avancer … « L’employé est au bas de l’échelle, certes, mais au moins il est déjà sur l’échelle » disait Michel Crozier*

Mon outil, c’est « l’apprentissage tout au long de la vie ». Il est partagé entre les richesses acquises des autres, et celles qui naissent d’idées, d’envies, d’essais, de passion … qui « me passent par la tête » comme disait notre maman.

Dernièrement j’ai découvert les nudges** et je réfléchi à quelques astuces pour orienter en douceur mes comportements vers une vie sereine, calme, et toujours animée de relations, de découvertes, pour éliminer certaines de mes habitudes pas toujours réfléchies.

Je n’ai pas envie de placer quelques grosses mouches dans mon lieu de vie, je veux me faire plaisir, c’est une condition première, et partager, si l’occasion m’en est donnée.

J’ai déjà quelques essais. Devant l’entrée de ma maison par exemple, un grelot avec un écriteau  : Ah non c’est vous ! … Mon potager est marqué d’ardoises indiquant les plantations : pommes de taire, les plus silencieuses ; père Sil, la mère Si est à côté ; Lu pin… ou dessiné ; Bette rave mais pas party ; sur un vieux poste radio « radio légumes, la radio qui pousse » ….

Certaines personnes, mais sont elles bien intentionnées ? disent qu’à partir d’un certain âge, ou d’un âge certain, les vieux n’ont plus toute leur tête. Albert Einstein, en écrivant « L’imagination est plus importante que le savoir » avait ses raisons. A mon âge je pense que mes expériences de vie nourrissent mes savoirs autant que mon imagination … et que je suis capable d’une « teuf » avec, ou sans, mes cadets… .

Amitiés à toutes et tous

Pierre

PS j’oubliais, pour éviter l’isolement, j’ai toujours un petit en-cas gourmand sous la main … plus question d’âge pour passer un moment ensemble ! J’ai également acquis une trompette pour essayer d’apprendre, les voisins ne peuvent plus m’ignorer …

* Michel Crozier 1922-2013, sociologue.

**Popularisés en français sous le terme « coups de pouce », les nudges servent à orienter en douceur les comportements. Autrement dit, ce sont des incitations non coercitives

Obligation rationnelle de rationner !

Les inégalités sociales demeurent un fait patent, aujourd’hui comme hier. Octogénaire j’ai conscience d’avoir suivi, et participé, parfois sans trop réfléchir, emporté par le grand désir de « réussir » ma carrière pour ma satisfaction, celle de ma petite famille, pour espérer une pension de retraite qui me permette de vivre correctement dans la dignité.

L’entrée, obligée, en situation de retraite, a marqué une rupture : j’ai quitté le travail dans une entreprise de production, pour une liberté dans une société de consommation où je pouvais « ne rien faire » en recevant pension.

Les temps d’expériences, réussites et échecs, demeurent des leçons d’un apprentissage expliqué dans mes premières années par mes parents et mes instituteurs. Je devais me trouver un projet de vie pour un long temps de vieillissement, ce dernier tiers de vie pour faire rapide, en continuant d’être l’aîné reconnu dans ma famille, mes enfants et ma fratrie. Je voulais demeurer citoyen responsable en partageant ma vie entre et avec quatre, cinq générations, dont deux, voire trois, en situation de retraite.

La nouvelle interpellation de Pierre Calame* sur « la finitude de nos ressources et l’obligation rationnelle de rationner l’usage des énergies fossiles » adressée aux candidats à la Présidence Française, m’offre une nouvelle occasion d’exprimer le pourquoi j’ai voulu demeurer professionnel pour entreprendre mon temps de retraite dans cette seconde carrière.

Les sciences, les technologies sont plus que jamais développées sur l’exploitation et la distribution de l’énergie dans une société industrielle de croissance permanente. Depuis internet nous développons une société de l’intelligence, qui distribue de l’information … sans lien avec les formations nécessaires, indispensables, dans des enjeux sociaux, culturels économiques, politiques… qui deviennent abscons pour une part de plus en plus importante des populations.

Alors, comment réussir « à rationner l’usage des énergies fossiles » pour limiter les développements des gaz à effet de serre ?

Je n’ai qu’une réponse impérieuse qui guide toujours ma vie : apprendre pour comprendre et entreprendre en remettant sans cesse en réflexions et actions, les réussites comme les échecs.

Il me faut anticiper trois, quatre décennies en modifiant mes modes, conditions, environnements de vie. Je n’ai plus à chercher la promotion pour un avenir meilleur, mais à faire de celui-ci une conduite de vie responsable, les alertes climat devenant de plus en plus incontestables, manifestes dans mes propres environnements, dans une société de plus en plus complexe et compliquée. Mais attention, le rationnement est déjà journalier pour de plus en plus de citoyens en France, en Europe, dans le monde. Veillons à une vraie gouvernance oéconomique** de répartition de la rareté.

C’est pourquoi depuis quelques mois nous travaillons sur ma proposition d’une « Chaire citoyenne », un lieu d’apprentissage permanent ouvert à tous et pour tous, où « la tribune ou siège élevé » sera partagé par des citoyens qui savent autrement, autre chose, pour d’autres raisons de vivre, pour participer en s’engageant après avoir compris pourquoi « rationner ». Sans cette condition première nous ne pouvons rien espérer.

Si vous pensez cette première condition indispensable, merci de m’adresser remarques, suggestions, critiques, conseils… qui nourriront mon travail.

Amitiés à toutes et tous, apprenons et entreprenons ensemble sans quoi nous disparaîtrons tous … après, sans doute, une longue période de souffrances. Évitons, j’aimerais.

Amitiés toujours

Pierre

retraité professionnel

retraité et long vieillissement en bonne santé, autonomie et participation.

* Pierre Calame est un ancien haut fonctionnaire français du ministère de l’ Équipement, auteur de plusieurs essais sur le rôle et la place de l’ État dans la société contemporaine, a été directeur général de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme de 1988 à 2009 et en préside aujourd’hui le Conseil de fondation. Président de l’association CITEGO et administrateur de l’Association de promotion de la Fabrique des transitions.

** Essai sur l’oéconomie « comment dans le contexte de la mondialisation, l’humanité peut-elle concilier les nécessités économiques avec le fait incontournable que les ressources naturelles sont limitées » C’est la question que pose Pierre Calame dans son ouvrage.

La mort et le mourant

Dans le travail que je mène sur le long temps de vieillissement en bonne santé et autonomie, l’action d’anticiper me semble très importante afin de préparer, dans les meilleures conditions, les évènements possibles.
Cette fable, me semble tout à propos. Pierre

La mort et le mourant

La Mort ne surprend point le sage :
Il est toujours prêt à partir,
S’étant su lui-même avertir
Du temps où l’on se doit résoudre à ce passage.
Ce temps, hélas ! embrasse tous les temps :
Qu’on le partage en jours, en heures, en moments,
Il n’en est point qu’il ne comprenne
Dans le fatal tribut ; tous sont de son domaine ;
Et le premier instant où les enfants des rois
Ouvrent les yeux à la lumière,
Est celui qui vient quelquefois
Fermer pour toujours leur paupière.
Défendez-vous par la grandeur ;
Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse ;
La mort ravit tout sans pudeur :
Un jour le monde entier accroîtra sa richesse.
Il n’est rien de moins ignoré ;
Et puisqu’il faut que je le die,
Rien où l’on soit moins préparé.
Un Mourant, qui comptait plus de cent ans de vie,
Se plaignait à la Mort que précipitamment
Elle le contraignait de partir tout à l’heure,
Sans qu’il eût fait son testament,
Sans l’avertir au moins. « Est-il juste qu’on meure
Au pied levé ? dit-il ; attendez quelque peu ;
Ma femme ne veut pas que je parte sans elle ;
Il me reste à pourvoir un arrière-neveu ;
Souffrez qu’à mon logis j’ajoute encore une aile.
Que vous êtes pressante, ô déesse cruelle !
– Vieillard, lui dit la mort, je ne t’ai point surpris ;
Tu te plains sans raison de mon impatience :
Eh ! n’as-tu pas cent ans ? Trouve-moi dans Paris
Deux mortels aussi vieux ; trouve-m’en dix en France.
Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis
Qui te disposât à la chose :
J’aurais trouvé ton testament tout fait,
Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait.
Ne te donna-t-on pas des avis, quand la cause
Du marcher et du mouvement,
Quand les esprits, le sentiment,
Quand tout faillit en toi ? Plus de goût, plus d’ouïe ;
Toute chose pour toi semble être évanouie ;
Pour toi l’astre du jour prend des soins superflus :
Tu regrettes des biens qui ne te touchent plus.
Je t’ai fait voir tes camarades,
Ou morts, ou mourants, ou malades ;
Qu’est-ce que tout cela, qu’un avertissement ?
Allons, vieillard, et sans réplique.
Il n’importe à la république
Que tu fasses ton testament. »
La Mort avait raison : je voudrais qu’à cet âge
On sortît de la vie ainsi que d’un banquet,
Remerciant son hôte ; et qu’on fit son paquet :
Car de combien peut-on retarder le voyage ?
Tu murmures, vieillard ; vois ces jeunes mourir,
Vois-les marcher, vois-les courir
À des morts, il est vrai, glorieuses et belles,
Mais sûres cependant, et quelquefois cruelles.
J’ai beau te le crier ; mon zèle est indiscret :
Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret.

Fables de LA FONTAINE N°158 Par A.Gazier Armand Colin

“ Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes. ” Félix Leclerc*.

Mais c’est parce que mes parents m’ont donné une bonne source génétique, qu’ils m’ont appris à en prendre soin, que, octogénaire, je produis quelques réflexions et actions qui me permettent de bien vieillir, en bonne santé physique, mentale, psychique, en demeurant autonome.

Ces réflexions et actions se nourrissent de mes curiosités et interrogations : pourquoi cette odeur, ce bruit, cette couleur, ce mouvement, cette parole, ces lignes écrites … ? En fait je joue, je m’amuse à essayer de comprendre. Avec plus ou moins de temps, je me rends compte que je suis heureux d’avoir compris, ou, si je prends conscience qu’il me manque quelques connaissances et expériences, j’ai plaisir à contacter quelques amis, à fouiller bouquins, documentations, articles extraits de recherches avec mon ordinateur, sur internet.

Je n’ai pas trouvé aujourd’hui, de recherches sur : devenir vieux, longtemps ! Dans son ouvrage : « Devenir vieux Les enjeux de la psychiatrie du sujet âgé » 2011 Docteur Cecile Hanon psychiatre et directrice de la collection Ed Doin  » La vieillesse est un naufrage  » disait Charles de Gaulle. Est-ce vrai ? Comment devient-on vieux en France de nos jours ? Qui sont les vieux aujourd’hui ? Vivre le plus longtemps possible en disposant de ses capacités intellectuelles, et de l’essentiel de ses capacités physiques, est un objectif essentiel et qui doit être au cœur des préoccupations de santé publique, mais est-ce encore vivre quand la conscience d’être soi a disparue » 4e de couverture

Si l’essentiel est de disposer des capacités intellectuelles, physiques et mentales, je suis d’accord.
Mais la Docteur Hanon propose une démarche professionnelle qui l’amène à penser : la santé publique, prévenir la maladie. Logique.

Pourquoi, généralement, penser vieillissement c’est aller plutôt vers le pessimiste, le déclin ?

J’ai envie, comme mon pommier qui ajoute tous les ans de nouvelles branches, sur lesquelles poussent des pommes, d’ajouter de nouvelles capacités, à ma vie d’hier. Ces nouvelles branches sont mes intérêts, passions, projets, envie d’en vie**. Je n’ai jamais lu, écrit, joué, plaisanté …, goûté à une forme de vie autant qu’aujourd’hui. Pourtant, hier, j’étais dans cette carrière obligée où j’ai trouvé beaucoup de satisfactions, et je reconnais ce privilège.

Maintenir un équilibre harmonieux entre mes relations, mes loisirs et repos, et mon travail, dans une conduite responsable, semble, à ce jour, avoir produit des fruits puisque je suis bien dans ma tête, dans mon corps, dans mes relations aux autres. J’ai écrit semble parce que j’ai conscience que la maladie, l’accident, peut me surprendre à tout moment.

Et si vieillir c’était d’arranger sa vie pour vraiment la vivre, en goûter vraiment les moments, prendre conscience que je suis capable d’accepter mes faiblesses et de me servir de mes forces !

Si au lieu de penser « le pire des mondes » j’ajoutais, comme mon pommier de nouvelles branches pour de nouveaux fruits !

Je suis convaincu que la « Chaire citoyenne d’interpellation du Monde » pour le bien vieillir longtemps devient une nécessité dans cette société compliquée. Un lieu où chacune et chacun vient partager soucis, passions, réussites et échecs, tristesses et bonheurs, projets, en vrac … afin de trouver dans un pot commun, les fruits matures à déguster pour entreprendre sa vie vers le meilleur pour toutes et tous, pour la paix du monde.

Vos remarques, suggestions, critiques, conseils … nourrirons notre travail au sein de cette « Chaire citoyenne d’interpellation du Monde » pour bien vieillir longtemps. Je vous remercie.

Pierre Caro

retraité professionnel, retraite et long vieillissement.

  • *Felix Leclerc 1924-1988 auteur compositeur interprète écrivain Québécois
  • **petit clin d’œil au film « De plus en plus en vie » réalisé par Aiguemarines Productions.

Retraité, je veux demeurer professionnel, conscient et responsable. Retired, I want to remain professional, conscious and responsible.

Les premières informations auraient tendance à m’inviter à rester chez moi : covid ; situation du monde avec de nombreux conflits, guerres ; violences envers les femmes et les enfants ; pollutions et autres destructions de l’air, de l’eau, de la terre ; contraintes d’exodes pour raisons politiques ou/et religieuses en prenant des risques parfois mortels dans un monde civilisé, au pays des droits de l’homme.

Mais vivre c’est participer, alors j’ai choisi d’ouvrir un nouveau dossier 2022 sur mon ordinateur, la première page des calendriers offerts par mes arrière petits-enfants … et vous écrire ces quelques lignes d’échanges.

Vos remarques, suggestions, critiques, conseils … nourrissent mon travail vous le savez .

Un constat dont je vous ai entretenu : de plus en plus de citoyens.nes éprouvent des difficultés à comprendre cette société qui se complique (difficile à comprendre) et se complexifie (toujours de nouveaux éléments non connus). Une conséquence : il y a abandon de participation … pire, participation « contre » jusqu’à des actions de violences.

Je n’ai encore jamais lu des vœux de nouvel an souhaitant malheur, soucis, mauvaise santé, catastrophe … alors ne laissons pas le loisir à ceux qui en auraient l’intention.

Des millions de femmes et d’hommes réalisent des moments extraordinaires, développent des valeurs qui guident la vie aussi longue qu’elle soit. Rejoignons-les et avançons ensemble vers un monde de paix et de progrès humains.

Je veux vivre 2022 parmi et avec elles et eux, dans le métissage de nos populations, de nos cultures, de nos responsabilités.

Amitiés à toutes et tous

Pierre

retraité professionnel

Retired, I want to remain professional, conscious and responsible.

Early reports would tend to invite me to stay at home: covid; World situation with many conflicts, wars; violence against women and children; pollution and other destruction of air, water and land; forced exoduses for political or/and religious reasons by taking sometimes fatal risks in a civilized world, in the land of human rights.

But living is participating, so I chose to open a new 2022 file on my computer, the first page of the calendars offered by my great-grandchildren … and write you these few lines of exchange.

Your remarks, suggestions, criticisms, advice … feed my work you know.

One observation I have mentioned: more and more citizens are finding it difficult to understand this society which is becoming more complex (difficult to understand) and more complex (always new elements unknown). One consequence: participation is abandoned … worse, participation « against » to violent actions.

I have never read New Year’s greetings wishing misfortune, worries, bad health, catastrophe … so let us not leave the leisure to those who would like it.

Millions of women and men are experiencing extraordinary moments, developing values that guide life as long as it lasts. Let us join them and move together towards a world of peace and human progress.

I want to live 2022 among and with them, in the mixing of our populations, our cultures, our responsibilities.

Friendships to all

Pierre

occupational pensioner

Réussir sa vie(1) !

Octogénaire il est temps que j’y pense, quoique, durant les deux ou trois décennies prochaines je peux m’engager à faire mieux. En bonne santé, entouré de relations familiales et amicales, quelques moments de repos et loisirs, un temps de travail choisi, appris, compris et entrepris avec plaisir, voire passion, une vie simple, un point c’est tout.

Un petit souci tout de même : je ressens de plus en plus de difficultés à comprendre ce qui se passe autour de moi. Je fais le triste constat que mes lectures, quelques cours suivis sur les formations universitaires numériques, les échanges dans les rencontres pratiquement toutes virtuelles pour cause de pandémie, le déroulement de ma seconde carrière … ne me permettent plus de comprendre une part des évolutions de cette société.

L’ignorance nous empêche de comprendre et donc de participer avec les connaissances nécessaires, indispensables à cette société de plus en plus compliquée (difficile à comprendre) et complexe (de nombreux éléments)

Dans mes premières leçons d’écolier, j’ai appris que l’ignorance était une calamité, qu’il fallait apprendre pour comprendre les développements des sciences et des technologies, qui allaient nous rendre la vie plus agréable. Si nous avons beaucoup appris, vécu des expériences, nous n’avons pas tout bien compris puisque des millions d’êtres humains sont encore victimes de la faim, de maladies, de violences, du manque de relations … dans un monde devenu un grand village tant les voies de communications se sont développées.

Alors que nous imaginons de plus en plus, que nous créons toujours davantage de choix, je pense que nous perdons la capacité d’attention à ce qui serait le mieux pour nous même, pour tous. Il me semble que du simple pékin comme moi, aux plus hautes autorités politiques, nous perdons le contrôle des situations de tous les jours … nous sommes incapables d’anticiper, de prévenir pour protéger.

Lorsque je vois arriver, de loin, les développements des sciences du numérique, de l’intelligence artificielle, des biotechnologies … je suis dans l’inquiétude si nous ne produisons pas, ensemble, les outils nécessaires et indispensables pour apprendre et comprendre afin de participer le plus longtemps possible entre et avec quatre, cinq générations, dans un monde où nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés.

Nous avons quelques préoccupations qui deviennent dangereuses faute de ne pas en avoir anticiper les conséquences possibles. Ce sont des transitions qui deviennent urgentes : climat, pollutions, ressources, territoires, les conflits et guerres … et en même temps les évolutions des relations humaines et avec la nature.

Vaste chantier pour lequel la santé, l’éducation et la formation, le travail qui demeure, pour l’essentiel d’entre nous liberté et dignité … même en situation de retraite, les modes et conditions de vie, les environnements sont des éléments à penser, sans violence, dans les responsabilités de chacun et de tous.

Je vous propose l’une de mes réflexions, qui doit devenir action : un « pôle santé, environnement, société » lieu d’apprentissage par les échanges de savoirs et d’expériences, les partages de projets, d’envies, d’utopies … pour entreprendre un monde de progrès des femmes et des hommes en harmonie avec la nature en équilibre avec toutes sciences et technologies. Merci si vous participez.

Réussir ma vie ! Réussir la vie ? … ce ne pourra être qu’avec vous.

Amitiés à toutes et tous

Pierre

(1) – L’Humanologue N° 4

Me conduire en qualité de retraité professionnel !

« Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes avec la même pensée que nous avons utilisée lorsque nous les avons créés » Albert Einstein

Je ne pouvais, ne voulais pas aider l’autre, savoir ou faire à la place. Je veux, simplement, l’accompagner, l’écouter, aujourd’hui, pour être et faire avec, dans son parcours, en le laissant libre de la route qu’il ou elle choisit en conscience.

Gandhi disait « Tout ce que vous faites pour moi, mais sans moi, vous le faites contre moi »

C’est pourquoi je développe mes engagements comme durant mes quarante années de carrière obligée, en qualité de « professionnel » responsable dans des compétences sans cesse remises en cause – c’est l’apprentissage tout au long de la vie – parce que mes idées, mes projets, mes environnements changent, évoluent, me changent ! Je veux demeurer le professionnel responsable dans une conduite éthique et déontologique, qui fait avec les autres.

Le monde du travail ne me quitte pas. Comment pourrais-je l’ignorer en regardant les jeunes générations dans leurs parfois difficiles vécus de carrière ? Comment l’ignorer en prenant conscience des modes, conditions, environnements, que ces mondes de productions, commercialisations, informations, formations … m’imposent dans mes choix de vie ? Tout simplement, aussi, parce qu’il nourrit ma pension de retraité !

Conscient, avec certaines expériences vécues, je sais que, faute de comprendre, de plus en plus de personnes ne participent plus, s’éloignent, s’isolent … l’isolement des aînés est un problème mondial, il faudrait en chercher les vraies causes avant de mettre en place des plans sociaux qui parfois ajoutent à la misère sociale ! C’est donc l’une de mes premières préoccupations, l’un de mes premiers slogans : « apprendre pour comprendre et entreprendre ».

C’est mon engagement actuel pour l’ouverture d’un « Pôle santé, environnement, société ». J’ai choisi d’y développer des « ateliers d’expressions ». Ateliers de rencontres où, pour faire simple, chacun met au pot commun idées, envies, passions, déceptions, espoirs …, et échanges en réciprocité, savoirs et expériences, réussites comme échecs.

Naturellement, chacun repart avec une réponse … souvent des interrogations, parce qu’il, elle, aura acquis de nouvelles connaissances, parfois seulement découvert le bon sens … et l’envie de s’exprimer davantage en discussion dans une prochaine rencontre. Si j’ai semé quelques graines durant une rencontre, je dois en surveiller la levée, supprimer aussi vite que possible les mauvaises herbes, qui ne se jettent pas, mais servent de compost.

Retraité professionnel, je suis heureux de mener cette seconde carrière 2000 – 2040.

Pierre

retraité professionnel